Ericsson confirme qu'il traverse une mauvaise passe

vendredi 21 octobre 2016 08h58
 

STOCKHOLM, 21 octobre (Reuters) - Ericsson a annoncé vendredi une baisse de ses ventes au troisième trimestre en Amérique du Nord, son principal marché, attestant ainsi d'une mauvaise passe déjà préfigurée par les résultats provisoires annoncés la semaine passée.

Le groupe suédois avait alors dit que son bénéfice d'exploitation du troisième trimestre avait plongé de 94% en raison d'une chute des ventes de sa division réseaux, épine dorsale du premier équipementier mondial des télécoms mobiles.

Ericsson a ajouté qu'il instaurerait de nouvelles mesures de réduction des coûts pour faire face au tassement du marché du haut débit mobile.

La baisse de 8% des ventes en Amérique du Nord s'explique surtout par la réduction des investissements d'un client dans le haut débit mobile. Les ventes ont également baissé en Europe, en Inde et en Chine continentale.

"La tendance sectorielle négative du premier semestre 2016 s'est renforcée, avec des répercussions sur les ventes du troisième trimestre, surtout dans le haut débit mobile", note dans un communiqué le directeur général par intérim Jan Frykhammar.

"La baisse, à la fois dans la couverture mobile haut débit et dans les ventes de capacités, a été particulièrement marquée dans les marchés dont la conjoncture macro-économique est faible".

Les opérateurs de télécommunications réduisent leurs investissements, tandis que la future 5G ne sera pas prête avant des années, et que la concurrence imposée par Nokia et par le chinois Huawei est rude.

Il manque en outre à Ericsson un directeur général depuis l'éviction en juillet de Hans Vestberg.

Ericsson a tardé à réduire ses coûts, par comparaison avec Nokia qui a pu le faire en fusionnant avec Alcatel-Lucent, et a depuis lors annoncé qu'il supprimerait 3.900 emplois en Suède, ce qui revient à pratiquement cesser de produire sur place.

Il a confirmé vendredi un bénéfice d'exploitation de 300 millions de couronnes suédoises (31,3 millions d'euros), contre 5,1 milliards de couronnes un an plus tôt, en incluant des charges de restructuration de 1,3 milliard de couronnes, ainsi qu'un chiffre d'affaires en baisse de 14% à 51,1 milliards de couronnes. (Helena Soderpalm et Olof Swahnberg, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Benoit Van Overstraeten)