Pologne-L'autorité anti-corruption examinera le contrat Caracal

jeudi 20 octobre 2016 18h32
 

VARSOVIE, 20 octobre (Reuters) - L'autorité polonaise de lutte contre la corruption va examiner l'annulation par Varsovie d'une commande de 50 hélicoptères de transport militaire Caracal à Airbus Helicopters, a annoncé jeudi le ministre de la Défense Antoni Macierewicz.

Il a également accusé Airbus d'avoir trompé l'opinion publique polonaise à propos du nombre d'emplois que ce contrat aurait pu permettre de créer en Pologne.

Dans une lettre ouverte à la Pologne, Airbus avait dit avoir "l'ambition" de créer 6.000 emplois en Pologne, parmi lesquels 3.800 découlant du contrat Caracal, dont 1.250 emplois directs dans les villes de Lodz, Radom et Deblin essentiellement.

"Dans aucun document, et je les ai étudiés très attentivement, il n'existe une garantie pour ces 6.000 emplois en Pologne en échange du versement de 13,5 milliards de zlotys (3,11 milliards d'euros) à une firme internationale", a déclaré Antoni Macierewicz.

"Le bureau anti-corruption va maintenant examiner ces documents", a-t-il ajouté au cours d'un débat sur ce contrat.

Le ministre polonais de la Défense n'a pas précisé quel aspect du contrat serait particulièrement étudié par cette autorité, tout en accusant certains députés de l'opposition d'avoir agi contre l'Etat en favorisant une entreprise internationale.

L'accord avait été conclu par le précédent gouvernement centriste, battu aux législatives d'octobre 2015 par les conservateurs nationalistes du parti Droit et Justice (PiS).

Le ministre de la Défense du précédent gouvernement, Tomasz Siemoniak, qui avait supervisé les négociations avec Airbus, a déclaré dans les médias que cette annulation de contrat était une décision politique, qui équivaudra à une "année perdue" pour l'armée polonaise.

Tom Enders, président exécutif d'Airbus Group, maison-mère d'Airbus Helicopters, a accusé la Pologne d'avoir induit en erreur le groupe au cours des négociations et menacé de donner une suite à cette affaire, sans autres précisions. (Marcin Goettig, Pawel Sobczak; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)