Des "zadistes" de Notre-Dame-des-Landes arrêtés après une action

jeudi 20 octobre 2016 17h23
 

NANTES, 20 octobre (Reuters) - Une quarantaine d'opposants au futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) ont été interpellés jeudi après s'être introduits dans la matinée dans un cabinet d'avocats du groupe Vinci pour exiger communication des éventuelles "procédures cachées" autorisant leur expulsion.

Leur occupation "pacifique" du hall d'accueil du cabinet Cornet-Vincent-Ségurel (CVS), à l'ouest de Nantes, s'est toutefois déroulée "sans heurts ni violences", a indiqué un salarié sous couvert d'anonymat. Le cabinet d'avocats n'a d'ailleurs pas l'intention de porter plainte, a-t-il précisé.

"Si ces décisions de justice existent, c'est uniquement en raison de leur refus de décliner leurs identités aux huissiers", ajoute cette même source. "Aujourd'hui, ils sont prêts à le faire, un peu en désespoir de cause, pour éviter les expulsions, mais ce n'était pas le cas il y a encore un an."

"Pour une large majorité" d'habitants de la ZAD, "aucun huissier" n'est pourtant passé leur signifier ces futures expulsions. Or, les fermes qu'ils occupent ou les cabanes qu'ils ont construites sans autorisation "constituent juridiquement un logement", d'après leur analyse juridique, et ils peuvent bénéficier du "droit au logement".

Une quinzaine de "lieux de vie", sur la soixantaine que compte la "zone à défendre", ont ainsi "pris les devants" ces dernières semaines et se sont signalés d'eux-mêmes auprès d'Aéroports du Grand Ouest (AGO), la filiale du groupe Vinci concessionnaire du projet d'aéroport.

Leurs habitants ont demandé à ce que les décisions de justice qui ont pu être prises en leur absence ces dernières années leur soient communiquées pour pouvoir préparer leur défense.

Le Premier ministre Manuel Valls a promis mardi que l'évacuation des opposants au futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes se ferait comme prévu, tout en soulignant que l'opération serait "périlleuse".

Sur le terrain, les occupants de la Zad de Notre-Dame-des-Landes attendent de pied ferme les forces de l'ordre en construisant des cabanes et en se formant à la "défense".

(Guillaume Frouin, édité par Yves Clarisse)