Brésil-Première baisse des taux d'intérêt en quatre ans

mercredi 19 octobre 2016 23h44
 

BRASILIA, 19 octobre (Reuters) - La banque centrale brésilienne a, pour la première fois en quatre ans, baissé son taux directeur, entamant ainsi un cycle d'assouplissement monétaire destiné à hisser la première économie d'Amérique latine de sa pire récession en plus d'un siècle.

Sans surprise, les neuf membres du comité de politique monétaire connu sous l'acronyme Copom, ont tous voté en faveur d'une baisse de 25 points de base du taux de référence Selic, ainsi ramené à 14%.

Ce taux avait été porté l'an dernier à 14,25%, du jamais vu depuis dix ans et le niveau le plus élevé des dix premières économies mondiales, afin de juguler une inflation galopante.

Une écrasante majorité d'économistes interrogés par Reuters la semaine dernière s'attendaient à ce que Banco Central do Brasil réduise son taux de référence Selic.

Cette dernière a précisé qu'elle enclenchait un cycle de baisse de taux "modéré et progressif", tout en disant que des réductions de taux plus franches pourraient être décidées à l'avenir si le rythme de désinflation s'accélère et si le Congrès vote effectivement en faveur de mesures d'austérité.

"L'ampleur de l'assouplissement monétaire et une possible accélération de son rythme dépendront d'une évolution favorable de facteurs (...)", poursuit la banque centrale.

Aux yeux de certains analystes, cette dernière laisse effectivement sous-entendre un cycle de baisse de taux prolongé et marqué.

L'inflation a décéléré au cours des derniers mois et l'approbation par le Congrès d'une mesure clé d'austérité a donné à Ilan Goldfajn, le nouveau gouverneur de Banco Central do Brasil, suffisamment d'arguments pour réduire les taux.

Une baisse des taux donnera un coup de pouce aux efforts déployés par le président Michel Temer pour regagner la confiance des marchés. L'économie brésilienne est minée par une crise politique ayant conduit à la destitution de la présidente Dilma Rousseff fin août.

La reprise reste cependant fragile, le chômage étant élevé et la production industrielle en recul. L'inflation à 8,48% est également bien au-dessus de l'objectif officiel de 4,5%. (Alonso Soto et Silvio Cascione, Benoît Van Overstraeten pour le service français)