LEAD 1-Des taux bas prolongés, source de risques-Fischer (Fed)

lundi 17 octobre 2016 19h30
 

(Actualisé avec d'autres déclarations)

NEW YORK, 17 octobre (Reuters) - L'économie américaine pourrait s'exposer à l'avenir à des récessions plus longues et plus profondes si les taux d'intérêt devaient rester à leurs bas niveaux actuels, a déclaré lundi le vice-président de la Réserve fédérale, Stanley Fischer.

Les responsables de la politique monétaire disposent encore d'outils pour agir dans un environnement de taux bas, comme l'assouplissement quantitatif et la politique de pilotage des anticipations ("forward guidance"), a-t-il ajouté selon le texte d'un discours prononcé devant l'Economic Club de New York.

"Ces alternatives ne sont pas les parfaits substituts à la politique conventionnelle", ajoute-t-il. "La limitation imposée à la politique monétaire par une tendance aux taux d'intérêt bas pourrait ainsi conduire à des récessions plus longues et plus profondes lorsque l'économie sera secouée par des chocs négatifs".

Relever les taux n'est pourtant "pas si simple" dans un contexte marqué par le vieillissement de la population et la faiblesse de la demande et de l'investissement, a-t-il toutefois ajouté.

Les marchés évaluent à près de 70% la probabilité un relèvement des taux par la banque centrale américaine en décembre, selon le baromètre FedWatch de CME Group.

Fischer a également déclaré que la Fed était très près d'atteindre ses objectifs d'emploi et d'inflation, ajoutant que, de ce fait, il était plutôt sceptique quant à l'opportunité de relever l'objectif d'inflation dans l'optique de stimuler la croissance.

"Nous sommes très proches de nos objectifs" de plein emploi et d'une inflation de 2%, a-t-il dit. "Nous n'avons donc pas de gros problèmes avec la politique monétaire actuellement", a-t-il ajouté, lorsqu'on l'a interrogé sur le concept de relever l'objectif d'inflation de la banque centrale.

Fischer a observé qu'une fois atteints les objectifs d'inflation et d'emploi, la priorité de l'institut d'émission serait de doper la croissance.

(Howard Schneider, Jonathan Spicer et Richard Leong, Patrick Vignal et Wilfrid Exbrayat pour le service français)