LEAD 2-Yellen-Une économie "à haute pression" pour sortir de crise

vendredi 14 octobre 2016 21h43
 

(Actualisé avec des citations, commentaires)

par Howard Schneider et Svea Herbst-Bayliss

BOSTON, 14 octobre (Reuters) - La Réserve fédérale des Etats-Unis devra peut-être mener une politique adaptée à une économie "à haute pression" pour réparer les dégâts que la crise lui a causés et juguler des risques prenant un caractère permanent, a déclaré la présidente Janet Yellen vendredi.

Sans faire référence directement aux taux d'intérêt ou aux préoccupations immédiates de la politique monétaire, la présidente de la Fed a mis en avant, devant un parterre de responsables monétaires et d'universitaires, la crainte croissante de la banque centrale de voir l'économie perdre de son potentiel, ce qui nécessiterait des mesures énergiques pour le reconstituer.

La question, a expliqué Yellen, est de savoir si on peut réparer les dégâts "en gérant pour un temps donné une 'économie à haute pression', caractérisée par une forte demande cumulée et un marché du travail tendu; on peut certainement déceler dans quelle mesure du possible et du plausible cela pourrait se produire".

Poursuivre des politiques qui réduiraient encore plus le chômage et doperaient la consommation, même au risque d'une poussée de l'inflation, serait susceptible de convaincre les entreprises d'investir, d'étayer la confiance et de ramener dans le marché de l'emploi des personnes qui étaient jusque là sur la touche.

Les propos de la présidente de la Fed, qui ouvrent des perspectives dépendant largement toutefois de recherches et d'études qui, à son sens, restent à faire, sont symptomatiques d'un débat qui agite la Fed et qui consiste à savoir si la situation économique est à présent suffisamment proche de la normale pour enclencher de nouvelles hausses des taux ou au contraire si l'économie, affligée de séquelles profondes, se traîne.

Wall Street a accru ses gains après ces déclarations, tandis que le dollar a fléchi et que les Treasuries ont monté.

"Elle prépare peut-être à une hausse des taux en décembre mais elle ne veut pas être devancée par le marché", dit David Keeble (Credit Agricole Corporate & Investment Bank). "Plus d'inflation, ça ne la gêne pas".   Suite...