LEAD 2-La Fed attendra probablement l'élection avant d'agir-Harker

jeudi 13 octobre 2016 23h58
 

PHILADELPHIE, Pennsylvanie, 13 octobre (Reuters) - La Réserve fédérale attendra probablement l'élection présidentielle américaine du 8 novembre avant d'agir sur ses taux, a laissé entendre jeudi le président de la Fed de Philadelphie, Patrick Harker.

Alors que les banquiers centraux américains ont l'habitude d'affirmer que les échéances politiques n'ont aucune incidence sur leurs décisions, Patrick Harker a implicitement admis que la Fed pourrait tenir compte cette fois du résultat du scrutin opposant le républicain Donald Trump à la démocrate Hillary Clinton.

Harker ne votera pas à la réunion des 1er et 2 novembre du comité de politique monétaire (Fomc) mais ses propos ont toutes les chances d'irriter Donald Trump, qui a accusé la banque centrale de faire de la politique en maintenant ses taux bas.

Harker a dit avoir été favorable à un relèvement des taux à la précédente réunion de septembre, quand le comité de politique monétaire avait finalement opté pour un statu quo.

"Ce qui m'inquiète c'est qu'en fonction du résultat de l'élection et de ce qui suivra, nous pourrions être amenés à réagir à des mesures susceptibles d'avoir des effets de distorsion. Or on ne sait pas dans quel sens", a-t-il dit à des journalistes après un discours prononcé à Philadelphie.

"Il pourrait donc être prudent d'attendre que cette incertitude soit levée au moins en partie."

Hillary Clinton a la faveur des sondages et de la plupart des investisseurs. Certains économistes craignent qu'à l'inverse Donald Trump perturbe le fonctionnement de l'économie s'il met en oeuvre sa promesse d'ériger des barrières douanières.

Patrick Harker, qui disposera d'un droit de vote au Fomc l'an prochain, s'est prononcé en faveur d'une hausse de taux en décembre et d'"au moins" deux autres en 2017, tout en insistant sur le caractère "graduel" du mouvement de resserrement.

Le marché de l'emploi s'est largement remis de la récession de 2007-2009 aux Etats-Unis même s'il est confronté à des défis sur le plus long terme du fait de la baisse du nombre de personnes souhaitant travailler, a-t-il fait valoir dans son discours prononcé devant le World Affairs Council, une organisation à but non lucratif.   Suite...