L'"écosystème" de la City difficile à déménager-Cunliffe (BoE)

mercredi 12 octobre 2016 14h46
 

LONDRES, 12 octobre (Reuters) - Il est peu probable que des pans entiers des activités de la place financière de Londres soient délocalisés ailleurs dans l'Union européenne même si certaines d'entre elles sont susceptibles de partir à New York après le Brexit, a déclaré mercredi Jon Cunliffe, gouverneur adjoint de la Banque d'Angleterre (BoE).

Les places de Francfort, Paris, Luxembourg et Dublin espèrent que la sortie annoncée du Royaume-Uni de l'Union européenne convaincra des banques et des sociétés financières basées aujourd'hui à Londres de déménager si le gouvernement britannique n'obtient pas un accès complet et garanti au marché unique.

Mais pour Jon Cunliffe, la City de Londres constitue un "écosystème" complexe dont la création a pris des années.

"Ce que nous appelons Londres (...), je n'imagine pas que cela puisse être répliqué dans un avenir prévisible ailleurs dans l'Union européenne", a-t-il dit devant une commission du Parlement.

Il a toutefois ajouté que New York disposait d'un écosystème comparable apte à rivaliser avec celui de la City.

"Une partie de celui-ci, oui, pourrait certainement partir (à New York)", a-t-il déclaré.

Il a estimé que les banques pourraient arriver à la conclusion que le transfert de certaines activités sur le continent européen ne serait pas économiquement intéressant, ce qui pourrait les conduire à les fermer purement et simplement.

Alors que le président français, François Hollande, a déclaré souhaiter que les opérations de compensation des produits dérivés financiers libellés en euros se fassent dans la zone euro, Jon Cunliffe a déclaré que les pressions politiques dans ce dossier risquaient de se retourner contre leurs auteurs et de nuire à la stabilité financière.

"Je crois que si l'on faisait cela, le coût de la compensation - et pour moi, du point de vue de la stabilité financière, la compensation par des contreparties centrales est l'une des réformes vraiment importantes depuis la crise - le coût de la compensation deviendrait beaucoup, beaucoup plus élevé", a-t-il dit.

Il a reconnu qu'il régnait "une grande incertitude" sur les risques de pertes d'activités bancaires à Londres, tout en mettant en garde les responsables du secteur contre le risque que la préparation du Brexit les détourne des activités quotidiennes.

(Huw Jones et David Milliken; Marc Angrand pour le service français)