LEAD 1-Mis en minorité, le chef du Parti socialiste espagnol a démissionné

samedi 1 octobre 2016 21h29
 

(Actualisé avec déclaration et contexte)

MADRID, 1er octobre (Reuters) - Le secrétaire général du Parti socialiste espagnol (PSOE), Pedro Sanchez, a démissionné samedi soir après avoir été mis en minorité par le comité fédéral du parti, a confirmé à Reuters une source socialiste.

Son départ pourrait débloquer la crise politique qui paralyse l'Espagne depuis neuf mois, aucun parti n'étant en mesure d'obtenir une majorité au Parlement.

Les quelque 300 membres du comité fédéral, qui fonctionne comme une sorte de parlement, s'étaient réunis samedi à huis clos pour trancher le dilemme sur l'attitude à adopter au Parlement, où le président du gouvernement sortant, le conservateur Mariano Rajoy, tente de former un gouvernement minoritaire.

Si les députés socialistes s'abstiennent, Rajoy pourra le faire. Mais Sanchez excluait pour sa part de permettre au chef de la droite conservatrice, qu'il accuse de corruption, de se maintenir au pouvoir et avait laissé entendre vendredi qu'il pourrait se retirer si le comité fédéral du parti le désavouait.

"J'ai toujours pensé que le Parti socialiste devait être porteur d'une alternance. Malheureusement, cela n'est pas possible. Je présente ma démission", a-t-il dit aux membres du comité fédéral, selon une source dans son entourage.

En écartant Sanchez, les frondeurs du Parti socialiste espèrent éviter de nouvelles élections législatives, les troisièmes en un an après les scrutins de décembre 2015 et de juin dernier.

A chaque scrutin, le Parti populaire (PP) de Rajoy est arrivé en tête mais, avec 137 élus dans l'actuel parlement, et même s'il est le seul parti à avoir progressé d'un scrutin à l'autre, n'a pas retrouvé sa majorité absolue, fixée à 176 sièges.

Le PSOE a reculé pour sa part entre les scrutins législatifs de décembre (90 députés) et de juin (85 élus) et a connu une nouvelle déroute aux élections régionales du week-end dernier au Pays basque et en Galice, alimentant la fronde anti-Sanchez. (Blanca Rodriguez, Angus Berwick et Carlos Ruano; Henri-Pierre André pour le service français)