Salesforce interpelle l'UE sur l'opération Microsoft-LinkedIn

vendredi 30 septembre 2016 08h48
 

BRUXELLES, 30 septembre (Reuters) - Salesforce a demandé jeudi aux autorités européennes de la concurrence d'examiner les problèmes éventuellement soulevés par le rachat du réseau social professionnel LinkedIn par Microsoft pour 26 milliards de dollars (23,18 milliards d'euros).

Microsoft devrait solliciter dans les prochaines semaines l'aval de la Commission européenne (CE) à cette acquisition, la plus importante jamais réalisée par le géant américain de l'informatique.

Salesforce, spécialiste des logiciels de la relation client qui souhaitait aussi mettre la main sur LinkedIn, a exhorté l'exécutif européen à ne pas se contenter d'un simple examen pour cette opération qui, selon lui, menace l'innovation et la concurrence.

"En devenant propriétaire de la base de données unique de LinkedIn sur 450 millions de professionnels dans plus de 200 pays, Microsoft sera en mesure d'empêcher l'accès de ses concurrents à ces données et, ainsi, d'obtenir un avantage compétitif injuste", affirme Burke Norton, directeur juridique de Salesforce, dans un communiqué.

Son homologue de Microsoft, Brad Smith, a répliqué dans un communiqué: "Salesforce n'en est peut-être pas informé mais la conclusion de l'opération a déjà été approuvée aux Etats-Unis, au Canada et au Brésil. Nous nous engageons à continuer d'oeuvrer en faveur d'une concurrence par les prix sur un marché de la gestion de la relation clients sur lequel Salesforce occupe une position d'acteur dominant, imposant aujourd'hui à ses clients des prix plus élevés."

L'examen préliminaire par la Commission européenne des projets de fusion dure 25 jours ouvrés, qui peuvent être prolongés de quatre mois en cas de doutes sérieux. (Foo Yun Chee; Bertrand Boucey pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)