La France doit respecter ses engagements sur le déficit-Villeroy

jeudi 29 septembre 2016 12h31
 

PARIS, 29 septembre (Reuters) - La France doit ramener son déficit public sous le seuil de 3% du produit intérieur brut (PIB) comme elle l'a promis à ses partenaires européens faute de quoi sa crédibilité sera remise en cause, déclare le gouverneur de la Banque de France dans un entretien paru dans Le Monde daté de vendredi.

Les propos de François Villeroy de Galhau sont publiés au lendemain de la présentation du projet de loi de finances 2017, qui réaffirme l'objectif du gouvernement d'un déficit public à 2,7% du PIB à la fin de l'année prochaine malgré les doutes du Haut conseil des finances publiques (HCFP).

"La France doit descendre sous les 3% de déficit public, comme elle s'y est engagée", déclare François Villeroy de Galhau.

Pour le gouverneur de la banque centrale française, qui siège au conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), "c'est une condition de notre crédibilité en Europe" et cela relève également de l'intérêt national collectif, afin de stabiliser la dette publique.

Tout en rappelant que "ce n'est pas le rôle de la Banque de France de distribuer les bons et les mauvais points politiques", François Villeroy de Galhau note que cela "vaut pour le gouvernement actuel comme pour les gouvernements futurs, quels qu'ils soient".

Plusieurs candidats à la primaire de la droite, dont François Fillon et Nicolas Sarkozy, ont annoncé leur intention de s'affranchir de l'engagement de ramener le déficit sous la limite européenne de 3% du PIB fin 2017.

Alors que le dernier budget du quinquennat de François Hollande officialise la baisse d'un milliard d'euros de l'impôt sur le revenu annoncée au début du mois, François Villeroy de Galhau insiste également sur les efforts nécessaires sur les dépenses.

"Les baisses d'impôts sont une volonté compréhensible ; mais elles doivent être financées par des baisses de dépenses, simultanées", dit-il.

Pour boucler son budget, le gouvernement a notamment choisi de mettre en oeuvre une partie de la dernière tranche du "pacte de responsabilité" sous la forme d'une montée en charge du crédit d'impôt compétitivité-emploi (CICE). Le montant correspondant, d'environ cinq milliards d'euros, ne pèsera donc sur les comptes de l'Etat qu'en 2018.

Une bonne partie de la compensation des dépenses supplémentaires liées aux mesures annoncées par l'exécutif depuis le début de l'année repose par ailleurs sur les économies réalisées sur la charge de la dette en raison des taux bas ou sur les recettes issues de la lutte contre la fraude fiscale. (Myriam Rivet, édité par Yves Clarisse)