France-Moscovici préoccupé par les reports de charges à 2018

jeudi 29 septembre 2016 09h48
 

PARIS, 28 septembre (Reuters) - Le commissaire européen aux Affaires économiques s'est déclaré jeudi préoccupé par les reports de dépenses sur 2018 prévues dans le projet de budget 2017 du gouvernement français, tout en réaffirmant sa confiance dans la capacité de la France à atteindre ses objectifs de déficit public.

"Je veux exprimer des préoccupations sur les charges et sur les dépenses qui seront reportées à 2018, ainsi que sur les réformes structurelles et sur la réduction des déficits structurels", a dit Pierre Moscovici lors d'une audition par les commissions des Finances et des Affaires européennes du Sénat, au lendemain de la présentation du projet de loi de finances.

Pour boucler ce budget d'année d'élection présidentielle, le gouvernement français a notamment choisi de mettre en oeuvre une partie de la dernière tranche du "pacte de responsabilité" sous la forme d'une montée en charge du crédit d'impôt compétitivité-emploi (CICE).

Le montant correspondant, d'environ cinq milliards d'euros, ne pèsera sur les comptes de l'Etat qu'en 2018.

Par ailleurs une bonne partie de la compensation des dépenses supplémentaires liées aux mesures annoncées par l'exécutif depuis le début de l'année repose sur les économies réalisées sur la charge de la dette en raison des taux bas ou sur les recettes issues de la lutte contre la fraude fiscale.

Pour autant, "ce n'est pas forcément de nature à nous faire changer d'avis sur 2017", a poursuivi Pierre Moscovici.

Il a précisé qu'il continuait à penser que l'objectif d'un déficit public français sous le seuil de 3% du produit intérieur brut (PIB) l'an prochain était "jouable".

L'ancien ministre de l'Economie et des Finances de François Hollande a dit avoir pris note des réserves du Haut conseil des finances publiques (HCFP) sur la capacité de la France à ramener son déficit public sous ce seuil.

Il a cependant rappelé que la France avait "plutôt surpris positivement ces deux dernières années".

Pierre Moscovici a néanmoins prévenu que la Commission européenne n'allait pas seulement regarder la situation à la fin 2017, car "pour sortir de la procédure de déficit, il faut que la réduction du déficit soit solide et durable".

"La France ne doit pas respecter son objectif pour faire plaisir à la Commission, elle doit le faire pour elle-même", a-t-il souligné. (Myriam Rivet, édité par Emmanuel Jarry)