Grèce-Le Parlement vote les réformes voulues par les créanciers

mardi 27 septembre 2016 23h10
 

GRECE, 27 septembre (Reuters) - Le Parlement grec a voté mardi les réformes demandées par les bailleurs de fonds du pays afin de réduire la dépense publique et à accélérer les privatisations, ce qui devrait permettre le déblocage d'une nouvelle tranche d'aide financière dans le cadre du dernier plan de sauvetage du pays.

Le marché de l'électricité va être réformé tandis que certaines participations de l'Etat seront transférées à un fonds souverain. Le vote de ces réformes pourrait permettre l'octroi à la Grèce de nouveaux prêts d'un montant de 2,8 milliards d'euros cette semaine.

En juillet 2015, le gouvernement de gauche d'Alexis Tsipras a signé un troisième plan international de sauvetage, d'un montant de 86 milliards d'euros, le troisième depuis 2010.

Le syndicat Adedy du secteur public est contre le transfert d'actifs publics au fonds souverain parce qu'il estime que cela ouvre la voie à une vente au rabais des biens de l'Etat.

"La santé, l'éducation, l'électricité et l'eau ne sont pas des biens quelconques. Ils appartiennent au peuple", déclare le syndicat dans un communiqué.

Les salariés des compagnies des eaux cotées en Bourse, à Athens et Thessalonique se sont mis en grève mardi pour protester contre ces transferts.

Le gouvernement parle pour sa part d'une gestion plus efficace avec le regroupement, dans une holding, de l'agence des privatisations Taiped, du fonds de stabilisation des banques HFSF, des biens immobiliers de l'Etat et de certaines sociétés publiques.

"Transférer (les actifs) au fonds ne signifie pas que l'Etat renonce à ses biens. Deuxièmement, cela ne veut pas dire privatisations et troisièmement, ces biens ne sont pas des gages pour les prêts du pays", a déclaré le ministre de l'Energie, Panos Skourletis, lors du débat parlementaire.

Les représentants des créanciers de la Grèce, à savoir la Commission européenne, la Banque centrale européenne, le Mécanisme européen de stabilité (MES) et le Fonds monétaire international pour enclencher un deuxième examen qui prévoit d'impopulaires réformes en matière de droit du travail. (Michele Kambas et Angeliki Koutantou; Danielle Rouquié pour le service français)