LEAD 3-France-Le HCFP sceptique sur la baisse des déficits

mardi 27 septembre 2016 17h38
 

* Le HCFP doute de la possibilité de passer sous les 3% en 2017

* Michel Sapin réaffirme les objectifs du PLF 2017

* Pierre Moscovici juge "jouable" un déficit sous les 3% en 2017 (Actualisé avec commentaire de Pierre Moscovici)

PARIS, 27 septembre (Reuters) - Le Haut conseil des finances publiques (HCFP) se montre sceptique sur les objectifs de baisse des déficits du gouvernement et doute de la capacité de la France à ramener son déficit public sous le seuil de 3% du produit intérieur brut (PIB) l'an prochain.

Le scénario macroéconomique retenu pour l'élaboration du dernier projet de loi de finances du quinquennat, présenté la semaine dernière, s'articule toujours sur une croissance du produit intérieur brut (PIB) de 1,5% en 2017 et prévoit un déficit public ramené de 3,3% du PIB cette année à 2,7% l'an prochain.

"Le Haut Conseil estime improbables les réductions de déficit prévues par le PLF pour 2017 (de -1,6 point du PIB à -1,1 point pour le solde structurel, de -3,3 points à -2,7 points pour le solde nominal)", est-il indiqué dans un avis daté du 24 septembre dont Reuters a pu consulter une copie mardi, à la veille de la présentation du projet de loi de finances 2017.

Le HCFP qualifie également d'"incertain" le retour du déficit public sous le seuil de 3% du PIB l'an prochain, jugeant que cette prévision est fragilisée à la fois au niveau des prévisions de dépenses et au niveau des prévisions de recettes.

Dans une réaction transmise mardi par courriel à Reuters, le ministre de l'Economie et des Finances Michel Sapin souligne qu'"aucune remarque du HCFP ne met en cause la sincérité du budget pour 2017" et que "le Haut Conseil, peut-être est-ce dans sa nature, a toujours fait preuve de scepticisme devant les perspectives budgétaires de la France, et qu'il a été le plus souvent démenti par les faits."

Evoquant des risques sur les dépenses "plus importants" que lors des années précédentes, le Haut conseil cite entre autres le "caractère irréaliste des économies prévues sur l'Unedic" et les "fortes incertitudes sur la réalisation des économies de grande ampleur prévues" dans la cadre du budget de la Sécurité sociale, ou encore l'impact des futures recapitalisations d'EDF et Areva.   Suite...