Déficits-Pour Sarkozy, la France devra renégocier avec l'UE

lundi 26 septembre 2016 09h59
 

PARIS, 26 septembre (Reuters) - L'ex-chef de l'Etat Nicolas Sarkozy, candidat à la primaire de la droite pour l'élection présidentielle de 2017, a rejeté lundi l'avertissement du commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici, concernant les déficits publics de la France.

L'ancien ministre français a répété dimanche qu'il n'était pas question pour l'Union européenne d'autoriser de nouveau la France à s'affranchir de la règle qui impose de contenir les déficits publics sous le seuil de 3%.

"Les leçons données par M. Moscovici, qui a été le ministre de l'Economie de Hollande, ça prêterait à rire si ce n'était pas grave", a déclaré Nicolas Sarkozy à Europe 1.

"Quel que soit le président de la République en 2017, il devra renégocier (...) parce que François Hollande a menti une fois de plus : le déficit, aux dires même du président de la commission des finances de l'Assemblée nationale, ne sera pas à 3% mais sera à 4%", a-t-il ajouté.

L'actuel chef de l'Etat et son gouvernement se sont engagés à ramener les déficits publics de la France à 2,7% en 2017.

La sincérité de cet engagement est contestée par le député Gilles Carrez, membre du Parti Les Républicains (LR) comme Nicolas Sarkozy et président de cette commission des finances.

Dans un argumentaire destiné aux candidats à la primaire de droite, il estime qu'un "creusement temporaire (des) déficits en début de quinquennat fait sens économiquement parlant" et juge compromis l'objectif affiché par le gouvernement de gauche.

Nicolas Sarkozy a réaffirmé qu'il voulait à la fois diminuer les impôts et les dépenses publiques s'il était élu, en faisant voter deux projets de loi en ce sens dès juillet 2017.

Il a également réitéré sa promesse de supprimer 300.000 postes de fonctionnaires et toutes les cotisations sociales sur les emplois familiaux.

Il a dit vouloir augmenter de 25% le temps de travail des enseignants, porter à 37 heures la durée hebdomadaire du travail dans la fonction publique et faire passer l'âge légal de départ à la retraite à 63, puis 64 ans.

Il a en revanche dit qu'il reviendrait sur le prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu, que le gouvernement actuel a décidé d'instaurer. Il s'est aussi dit contre l'idée d'un revenu garanti universel, prôné par le Premier ministre, Manuel Valls. Mais il s'est déclaré favorable à une fusion des minima sociaux dans une allocation unique plafonnée à 75% du smic. (Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)