September 23, 2016 / 8:47 PM / 10 months ago

La Fed veut mieux encadrer les banques présentes dans l'énergie

3 MINUTES DE LECTURE

WASHINGTON/NEW YORK, 23 septembre (Reuters) - La Réserve fédérale américaine a présenté vendredi un projet visant à limiter les positions prises par les grandes banques de Wall Street sur le marché de l'énergie, en les forçant à augmenter les fonds propres couvrant les risques liés à ces investissements.

Les règles actuelles autorisent des établissements tels que Goldman Sachs ou Morgan Stanley à investir dans le stockage et le transport d'énergie davantage que d'autres banques, mais le nouveau projet de la banque centrale rendrait ces investissements plus coûteux en capital, donc potentiellement moins rentables.

Si son projet est appliqué, les banques devront en effet détenir davantage de fonds propres pour couvrir les risques inhérents à leurs prises de position dans l'énergie et les matières premières.

La Fed envisage aussi d'interdire à des institutions financières de contrôler des centrales électriques ou encore à des holdings bancaires de posséder des stocks de cuivre.

La publication de projet donne le coup d'envoi d'une phase de commentaires et de débats de trois mois, et il peut être modifié.

La Fed estime que la mise en oeuvre de ses propositions permettrait de protéger les banques et l'ensemble du système financier contre des mésaventures coûteuses telles que la catastrophe de l'explosion de la plate-forme pétrolière Deepwater Horizon dans le golfe du Mexique en 2010.

Les Banques concernées Ont déjà réduit La Voilure

Dans son projet, les banques devraient détenir environ un dollar de fonds propres pour chaque dollar investir dans les infrastructures énergétiques.

Pour respecter ces règles, les banques de Wall Street pourraient donc devoir lever quelque quatre milliards de dollars de capitaux.

Les institutions financières visées ont déjà commencé à réduire leurs investissements dans le raffinage, le transport et le stockage d'énergie, une activité de plus en plus surveillée par les autorités.

Morgan Stanley a ainsi ramené la valeur globale de ses positions sur le marché des matières premières physiques à 321 millions de dollars (286 millions d'euros)en 2015 contre 9,7 milliards en 2011.

Goldman Sachs s'est elle aussi séparée de la majeure partie de ses infrastructures d'énergie mais elle reste un acteur de premier plan du courtage de carburants fossiles.

J. Aron, la filiale de matière première de Goldman Sachs, a ainsi échangé au deuxième trimestre plus de gaz naturel que les compagnies Chevron et Exxon Mobil à elles deux, selon la publication spécialisée Natural Gas Intelligence.

Morgan Stanley et Goldman Sachs ont refusé de commenter les propositions de la Fed vendredi.

Entre 2007 et 2009, le courtage de matières premières représentait pour ces deux banques et certaines autres jusqu'à 20% des revenus annuels totaux.

Depuis la crise financière, le durcissement de la réglementation de ce marché a toutefois eu pour effet de concentrer la majeure partie des activités de courtage de matières premières entre les mains de spécialistes comme Glencore, Vitol Group ou Mercuria Energy Group.

Patrick Rucker et Olivia Oran; Marc Angrand pour le service français

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