LEAD 1-Draghi veut mieux encadrer la "banque de l'ombre" en Europe

jeudi 22 septembre 2016 16h36
 

(Actualisé avec nouvelles citations)

FRANCFORT, 22 septembre (Reuters) - Le marché des secteurs financiers dans la zone euro est en train de s'étendre, au-delà des banques, à ce que l'on appelle la "banque de l'ombre" ("shadow banking"), ce qui nécessite de nouvelles règles afin de limiter les risques, a déclaré jeudi Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne (BCE).

Les établissements de crédit traditionnels souffrent d'une rentabilité faible et d'une réglementation plus stricte, ce qui favorise le transfert d'une partie de l'activité du secteur vers de nouveaux intermédiaires qui échappent au cadre réglementaire des banques et ne sont pas couverts par les mécanismes de garantie des dépôts.

"L'intermédiation financière continuant de passer des banques aux non-banques, nous devons adapter notre cadre politique", a dit Mario Draghi, qui s'exprimait en sa qualité de président du Comité européen du risque systémique (ESRB).

"Nous devons identifier les risques liés à cette migration et développer des outils pour les encadrer."

Il a précisé que la multiplication des décalages de liquidité, notamment chez certains fonds obligataires, était un motif particulier de préoccupation, la part des actifs illiquides augmentant rapidement.

Il a aussi jugé que le fonctionnement du marché des produits dérivés pouvait être amélioré, ce qui pourrait passer par une obligation de compensation centralisée.

"L'ESRB pense que le bon fonctionnement et la capacité de résistance systémique des marchés de dérivés peuvent être améliorés en exigeant des contrats de gré à gré standardisés faisant l'objet d'une compensation centralisée et échangés sur des Bourses ou des plates-formes électroniques", a-t-il dit.

Il a également évoqué le recours à des obligations en matière de marge et de décote sur certains produits financiers.   Suite...