22 septembre 2016 / 14:37 / dans un an

LEAD 1-Draghi veut mieux encadrer la "banque de l'ombre" en Europe

(Actualisé avec nouvelles citations)

FRANCFORT, 22 septembre (Reuters) - Le marché des secteurs financiers dans la zone euro est en train de s‘étendre, au-delà des banques, à ce que l‘on appelle la “banque de l‘ombre” (“shadow banking”), ce qui nécessite de nouvelles règles afin de limiter les risques, a déclaré jeudi Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne (BCE).

Les établissements de crédit traditionnels souffrent d‘une rentabilité faible et d‘une réglementation plus stricte, ce qui favorise le transfert d‘une partie de l‘activité du secteur vers de nouveaux intermédiaires qui échappent au cadre réglementaire des banques et ne sont pas couverts par les mécanismes de garantie des dépôts.

“L‘intermédiation financière continuant de passer des banques aux non-banques, nous devons adapter notre cadre politique”, a dit Mario Draghi, qui s‘exprimait en sa qualité de président du Comité européen du risque systémique (ESRB).

“Nous devons identifier les risques liés à cette migration et développer des outils pour les encadrer.”

Il a précisé que la multiplication des décalages de liquidité, notamment chez certains fonds obligataires, était un motif particulier de préoccupation, la part des actifs illiquides augmentant rapidement.

Il a aussi jugé que le fonctionnement du marché des produits dérivés pouvait être amélioré, ce qui pourrait passer par une obligation de compensation centralisée.

“L‘ESRB pense que le bon fonctionnement et la capacité de résistance systémique des marchés de dérivés peuvent être améliorés en exigeant des contrats de gré à gré standardisés faisant l‘objet d‘une compensation centralisée et échangés sur des Bourses ou des plates-formes électroniques”, a-t-il dit.

Il a également évoqué le recours à des obligations en matière de marge et de décote sur certains produits financiers.

“Fixer des marges et des décotes de manière prudente ou contracyclique pourrait contribuer à contenir une accumulation excessive d‘effet de levier”, a dit Mario Draghi, ajoutant que ces mesures permettraient aussi d‘améliorer la stabilité financière en réduisant les risques de cercles vicieux en matière de liquidité.

Le président de la BCE a par ailleurs écarté l‘argument selon lequel la politique monétaire de l‘institution, et notamment le recours à des taux d‘intérêt négatifs, serait la principale explication à la dégradation de la rentabilité des banques.

“Les surcapacités dans certains secteurs bancaires nationaux et l‘intensité de la concurrence qui en découle exacerbent ces pressions sur les marges”, a-t-il dit. “De telles surcapacités signifient aussi que le secteur n‘opère pas dans un cadre efficace, ce qui constitue l‘une des explications au fait que les ratios d‘exploitation restent élevés dans certains pays.” (Balazs Koranyi; Marc Angrand pour le service français)

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