Le nouveau cap de la BoJ fait monter les rendements obligataires

mercredi 21 septembre 2016 12h40
 

LONDRES, 21 septembre (Reuters) - Les rendements des obligations souveraines à long terme sont en hausse, accompagnés d'une pentification de la courbe des taux, à la suite de la fixation par la Banque du Japon d'un objectif de taux à long terme et d'un "contrôle de la courbe des taux".

Le rendement des obligations à 10 ans japonaises a atteint son plus haut niveau en six mois, à près de 0,01%, en hausse de sept points de base sur la journée, avant de retomber en territoire négatif, un mouvement de repli qui, selon des traders, est un signe que les investisseurs cherchent à tester la volonté de BoJ d'atteindre son nouvel objectif.

Le rendement de l'obligation du Trésor américain à 10 ans a également réagi à la hausse dans un premier temps, à plus de 1,7%, avant de retomber autour de 1,69%.

En Europe, les rendements des obligations de référence allemandes ont pris 4 points de base à 0,61% à 30 ans et 2 pdb à 0,01% à 10 ans en matinée, alors celui de la dette souveraine allemande à deux ans n'a pas bougé, à -0,66%.

L'écart entre les rendements à deux et dix ans a atteint son plus haut niveau en cinq mois, à 66 pdb.

Une telle pentification de la courbe des taux - habituellement signe de bonne santé de l'économie et du système financier - est due à l'abandon de l'objectif de base monétaire de la BoJ et de son engagement à maintenir les taux obligataires à 10 ans à leur niveau actuel, proche de zéro.

Et même si la BoJ a promis de continuer à acheter des obligations à un rythme de 80.000 milliards de yens par an, certains intervenants interprètent les annonces du jour comme un signe que le recours à la planche à billet dans le cadre du programme d'assouplissement quantitatif et qualitatif (QQE) mis en place depuis 2013 a atteint ses limites.

"La BoJ va avoir vraiment du mal à rassurer qui que ce soit (sur le QQE)", dit Vincent Chaigneau, responsable de la stratégie taux et devises à la Société générale.

Les retombées économiques d'une courbe de taux plus pentue pourraient passer par le système financier en contribuant à relancer l'inflation comme le souhaitent les banques centrales.   Suite...