Déficits-Il n'y aura plus de sursis pour la France-Moscovici

mercredi 21 septembre 2016 08h16
 

PARIS, 21 septembre (Reuters) - Il n'y aura plus ni sursis ni exception pour la France en matière de respect des règles budgétaires européennes, prévient de nouveau le commissaire européen aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, mercredi dans Le Figaro.

Le ministre français de l'Economie et des Finances, Michel Sapin, a réitéré mardi l'objectif du gouvernement actuel de déficits publics ramenés à 2,7% du PIB en 2017, sous le seuil de 3% imposé par le pacte de stabilité européen.

Mais les sondages ne donnent pratiquement aucune chance à la gauche de rester au pouvoir en 2017, après les élections présidentielles et législatives du printemps et les prétendants de droite, comme certains de leurs rivaux potentiels de gauche, laissent entendre qu'ils s'affranchiront de cette règle.

"La règle demeure et la Commission européenne ne la changera pas, quel que soit le gouvernement au pouvoir", déclare Pierre Moscovici dans une interview accordée au Figaro. "Que la gauche ou la droite soit au pouvoir, la France devra respecter les 3%."

"Il n'y aura ni sursis supplémentaire, ni entorse, ni exception pour la France", ajoute-t-il. "Le déficit public doit tomber nettement en dessous de 3% en 2017 selon nos critères, qui ne sont pas ceux de Paris."

Le commissaire européen, lui-même ancien ministre français des Finances, prévient encore que les chiffres seront vérifiés "à l'épreuve des faits" fin 2017

Il estime que la relance de la croissance ne passe pas par plus de déficits publics, pas plus en France qu'en Italie.

"Pour moi, l'argument est clos", insiste-t-il. "Tout euro consacré au fardeau de la dette accumulée ampute les moyens de l'Etat et réduit l'investissement." (Emmanuel Jarry)