SNCF-Les syndicats accusent le gouvernement de se renier

mardi 20 septembre 2016 17h43
 

PARIS, 20 septembre (Reuters) - Les principaux syndicats de la SNCF ont accusé mardi le gouvernement de renier ses promesses et de mettre en danger l'avenir de la compagnie ferroviaire nationale en renonçant à prendre en charge une partie de sa dette.

Le gouvernement juge désormais une telle hypothèse inopportune en raison de la situation des finances publiques, contrairement à ce qu'avait laissé entendre le Premier ministre, Manuel Valls, en juin, pendant la grève des cheminots, selon un rapport remis au Parlement.

La CGT accuse l'Etat de se désengager de l'entreprise, au risque d'"exacerber la dégradation du service public" et de la sécurité sur le réseau ferroviaire français.

"La recherche d'économies à réaliser pour financer le système ferroviaire va une nouvelle fois se traduire par des sacrifices que devront supporter les cheminots et les usagers de la SNCF", écrit le premier syndicat de l'entreprise publique.

La CFDT, généralement plus conciliante, juge pour sa part "déraisonnable" la décision gouvernementale, qui fait, selon elle, "courir un risque à moyen terme sur la viabilité du système de transport ferroviaire public".

Ce syndicat fait valoir que la dette de SNCF Réseau, le gestionnaire de l'infrastructure, anciennement Réseau ferré de France (RFF), évaluée à 41 milliards d'euros fin juin, est "majoritairement une dette publique non amortissable" liée à l'aménagement du territoire.

Ce problème "reste entier malgré les engagements qui avaient été pris lors de la discussion" sur la réforme ferroviaire, écrit la CFDT dans un communiqué.

Elle demande notamment la création d'une caisse d'amortissement et de défaisance de cette dette et la mise en place de nouvelles ressources fiscales, notamment par la taxation du transport routier.

Roger Dillenseger, secrétaire général de l'Unsa-ferroviaire, deuxième syndicat de la SNCF, accuse lui aussi le gouvernement de ne pas respecter ses engagements.

"A six mois d'une élection présidentielle, il laisse le bébé aux suivants. Ça va poser des problèmes pour les investissements", a-t-il déclaré à Reuters. (Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)