Le DG de Sika démissionnera en cas de rachat par Saint-Gobain

mardi 20 septembre 2016 14h29
 

ZURICH, 20 septembre (Reuters) - Le directeur général de la société de chimie de spécialité Sika a déclaré mardi ne pas croire à une solution à l'amiable pour la tentative de rachat de Saint-Gobain, un dossier actuellement devant la justice, et il a annoncé qu'il démissionnerait si le projet du groupe français aboutissait.

La direction de Sika se bat depuis décembre 2014 contre la tentative de prise de contrôle de Saint-Gobain, qui veut racheter la participation de contrôle de la famille Burkard-Schenker, fondatrice de Sika, pour 2,75 milliards de francs suisse (2,51 milliards d'euros). Elle est soutenu par un certain nombre d'actionnaires minoritaires, dont le Bill & Melinda Gates Foundation Trust.

"Les projets de Saint-Gobain que j'ai vus ne sont pas bons pour Sika", a déclaré le directeur général, Jan Jenisch, à l'occasion d'une présentation de la société à Zurich.

"Ils détruiront notre modèle de croissance et je ne serai pas disponible pour de tels projets."

Afin d'empêcher l'approbation de ce projet de prise de contrôle par Saint-Gobain, le conseil du groupe suisse a plafonné les droits de vote des Burkard-Schenker à 5%.

"Je ne vois pas de solution à l'amiable de ce côté-là", a dit Jan Jenisch.

Saint-Gobain a refusé de commenter ces propos.

La tentative de rachat n'a pas détourné Sika de ses objectifs, a dit Jan Jenisch, ajoutant que tous les membres du conseil d'administration s'opposaient au projet du français.

Le chiffre d'affaires de Sika a augmenté de près de 6,9% au premier semestre 2016 et son bénéfice net de près de 25%.

Jan Jenisch a confirmé son objectif de croissance de 6% à 8% du chiffre d'affaires de Sika cette année.

La société doit également boucler deux petites acquisitions cette année d'un montant maximum de 50 millions de francs chacune, a-t-il dit. Sika a réalisé environ 90 acquisitions dans le monde au cours des cinq dernières années. (John Revill, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Marc Angrand)