19 septembre 2016 / 16:21 / il y a un an

Inquiétudes sur le site Airbus Helicopters de Marignane

MARSEILLE, 19 septembre (Reuters) - Le président d‘Airbus Helicopters, Guillaume Faury, s‘est rendu lundi sur le site de production de Marignane, dans les Bouches-du-Rhône, pour tenter de rassurer les 8.500 salariés qui redoutent des suppressions de postes.

La filiale d‘Airbus Group est fortement impactée par le ralentissement du secteur pétrolier - qui utilisent beaucoup d‘hélicoptères sur les plates-formes offshore - ainsi que par la suspension par l‘Agence européenne de la sécurité aérienne des vols de la flotte civile mondiale des Super Puma après un accident mortel survenu le 29 avril dernier en Norvège.

“Guillaume Faury a rappelé que des mesures sont à l‘oeuvre pour faire face à la situation avec des mobilités de salariés chez Airbus Helicopters en Allemagne et chez Airbus à Toulouse et Saint-Nazaire”, a indiqué la CFDT dans un communiqué.

“Le PDG n‘a cependant pas caché que les quatre derniers mois de 2016 sont cruciaux pour Airbus Helicopters avec la concrétisation ou pas d‘importants contrats en Pologne et en Asie, et la remise en vol du H225”, le dernier dérivé en date de la famille des Super Puma, ajoute le syndicat.

Force Ouvrière, syndicat majoritaire dans le groupe, a récemment évoqué la possibilité de 400 suppressions de postes, sans licenciement sec, sur le site de Marignane.

PLUSIEURS HYPOTHÈSES À L‘ÉTUDE

Guillaume Faury n‘a pas directement répondu à cette interrogation, expliquant aux salariés que “plusieurs hypothèses étaient possibles”.

“Cela dépendra si le contrat avec la Pologne se concrétise rapidement et positivement. Il a également parlé de deux autres gros contrats dont il n‘a pas cité le nom”, a déclaré à Reuters le délégué syndical central CFDT Didier Hacquart.

Airbus Helicopters est notamment en pourparlers pour l‘acquisition par la Pologne de 50 hélicoptères multi-rôles européens Caracal.

Selon la CFDT, différents scénarios sont aujourd‘hui sur la table, “du plus pessimiste au plus optimiste”, en fonction de l‘évolution de la situation d‘ici la fin de l‘année.

D‘autant que la maison mère, Airbus Group, pourrait annoncer le mois prochain un nouveau plan de restructuration et d‘économies pour minimiser les coûts plus élevés que prévu du programme A380, d‘après le Financial Times de lundi.

Selon le journal britannique, le PDG Tom Enders veut supprimer des fonctions qui font doublon entre les différentes filiales du groupe et au sein de la maison mère.

Contacté par Reuters, Airbus Group a confirmé prévoir des économies via un plan de digitalisation déjà annoncé en juillet.

Il a en revanche démenti que ces économies aient été décidées suite à des difficultés opérationnelles sur certains programmes comme l‘A380 ou le transporteur militaire A400M.

Le plan, qui n‘est pas encore finalisé, comprendrait des suppressions de postes à travers le groupe et doit encore être présenté aux syndicats.

“Au niveau du groupe, nous sommes dans l‘attente d‘un comité européen exceptionnel annoncé pour le début octobre, mais aucune date précise , ni aucun ordre du jour n‘ont pour l‘instant été précisés”, a précisé Didier Hacquart. (Jean-François Rosnoblet, édité par Jean-Michel Bélot)

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