Merkel admet une impréparation dans l'accueil des réfugiés

lundi 19 septembre 2016 13h55
 

BERLIN, 19 septembre (Reuters) - Angela Merkel a assumé lundi sa part de responsabilité dans l'échec de son parti, la CDU, aux élections régionales à Berlin et a admis que son gouvernement avait été insuffisamment préparé à l'accueil des réfugiés décidé il y a un an.

"Si je pouvais, je remonterais dans le temps pour être mieux préparée à la situation des migrants de 2015, à laquelle nous étions plutôt mal préparés", a déclaré la chancelière allemande lors d'une conférence de presse à Berlin.

Sa politique d'ouverture des frontières décidée il y a un an, et à laquelle s'oppose une part croissante de l'opinion allemande, explique en grande partie ce nouvel échec dans les urnes, à un an seulement des prochaines élections législatives.

Merkel, qui a admis sa responsabilité dans cet échec en tant que présidente de la CDU, a refusé de dire si elle briguerait à cette occasion un quatrième mandat à la tête du gouvernement allemand mais a indiqué qu'elle était toujours motivée.

L'Union chrétienne démocrate (CDU) a subi dimanche un second revers électoral en l'espace de deux semaines, lors des élections régionales de Berlin, où elle réalise avec 17,6% son plus mauvais score depuis la réunification en 1990. Le parti cède près de six points par rapport au précédent scrutin berlinois, en 2011.

Campant sur une opposition frontale à la politique migratoire de Merkel, les populistes d'Alternative pour l'Allemagne (AfD), créée en 2013, ont obtenu eux 14,2% des voix et entrent au parlement de la capitale. Ils siègent désormais dans les assemblées de dix des seize Länder.

Avec 21,6% des voix, le Parti social-démocrate (SPD) reste la première force parlementaire de la capitale mais perd près de sept points par rapport au précédent scrutin (28,3%).

Le SPD, qui gouvernait Berlin dans le cadre d'une coalition avec la CDU, pourrait rejeter la droite dans l'opposition en nouant une alliance avec les Verts et le parti de la gauche radicale Die Linke, qui sont respectivement crédités de 15,2% (-2,4 points par rapport à 2011) et de 15,6% (+3,9 points) des voix. (Bureau de Berlin; Henri-Pierre André pour le service français)