AVANT PAPIER-La BoJ pourrait passer du "QQE" aux taux négatifs

lundi 19 septembre 2016 10h33
 

par Leika Kihara

TOKYO, 19 septembre (Reuters) - La Banque du Japon pourrait décider mercredi d'articuler désormais sa politique monétaire autour des taux d'intérêt négatifs, reléguant au second plan son programme d'assouplissement quantitatif et qualitatif (QQE) dans une évolution que certains sont tentés d'interpréter comme un signe d'impuissance.

Trois années de rachats d'actifs soutenus n'ont en effet, contrairement aux attentes lors de la mise en place de ce programme, guère eu d'impact ni sur l'inflation ni sur la croissance de la troisième économie mondiale.

L'assouplissement "quantitatif et qualitatif" de la Banque du Japon est la marque de fabrique de son gouverneur Haruhiko Kuroda depuis sa nomination en 2013. Il devait être une thérapie choc pour sortir le pays de la spirale de déflation qui étrangle la croissance depuis des années.

Mais le fait que la BoJ a déjà reporté à plusieurs reprises la date à laquelle l'inflation devait atteindre son objectif de 2% est symptomatique de l'échec relatif du QQE.

Même s'il est peu probable que la banque centrale japonaise renonce complètement à ce programme, le fait de le mettre sur le côté sera le signe que Haruhiko Kuroda s'est résigné à renoncer aux traitements radicaux pour se conformer à l'approche plus graduelle qui caractérisait ses prédécesseurs.

Comme d'habitude, la réunion de la Banque du Japon se déroulera sur deux jours, les mardi 20 et mercredi 21 septembre. Fait plus rare, elle coïncidera avec celle la Réserve fédérale américaine qui, elle, est tentée par un durcissement de sa politique monétaire même si un consensus se dégage sur les marchés pour dire qu'elle ne fera rien cette semaine.

Les responsables monétaires de la BoJ ont pu avoir un avant-goût de que pourrait être la réaction des marchés à une éventuelle diminution de l'ampleur de programme de rachats d'actifs : se délester des obligations à échéance longue.

Depuis que la Banque du Japon a annoncé, lors de sa précédente réunion les 28 et 29 juillet, qu'elle procèderait à une revue en profondeur des effets de sa politique monétaire, le rendement des obligations souveraines à 20 ans est passé de 0,125% fin juillet à 0,495%, soit un pic de six mois, le 14 septembre.   Suite...