La BRI s'inquiète de la "dissonance" des marchés financiers

dimanche 18 septembre 2016 16h07
 

LONDRES, 18 septembre (Reuters) - Les marchés financiers ont très bien résisté à la victoire du Brexit en Grande-Bretagne et à d'autres événements politiques potentiellement perturbateurs, mais il se peut que les prix des actifs soient excessifs et il existe un risque croissant de déstabilisation des marchés, selon la Banque des règlements internationaux.

Dans son rapport trimestriel publié dimanche, la BRI ne dit pas explicitement que les marchés d'actions et d'obligations sont des bulles spéculatives prêtes à exploser. Mais elle souligne que les fondements sur lesquels ils s'appuient pourraient ne pas être bien solides.

"La récente embellie a reçu un accueil très mitigé - c'est plus le bâton que la carotte, plus une pression qu'une traction, plus de frustration que de joie. C'est la réponse à cette lancinante question: les marchés reflètent-ils vraiment les risques à venir ? Des doutes quant aux valorisations semblent s'être insinués ces derniers jours", a dit Claudio Borio, chef du département monétaire et économique de la BRI, dont les rapports offrent un aperçu des préoccupations des grands banquiers centraux.

"La discordance apparente entre, d'une part, des rendements obligataires battant des records à la baisse et, d'autre part, des cours d'actions en forte hausse et une volatilité modérée a semé le doute sur la fiabilité de ces valorisations", écrit la BRI dans son rapport intitulé "Des marchés dissonants?".

Les banques centrales se sont engagées après le vote pour la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne à apporter des liquidités et à garantir un fonctionnement fluide des marchés si nécessaire, et l'orientation plus accommodante des politiques monétaires dans le monde a apaisé la nervosité des marchés après le choc du vote britannique, note la BRI dans son rapport.

Cette perspective de politiques monétaires plus souples, pour une période plus longue, a entraîné les rendements des obligations à leurs plus bas record, rétréci les écarts de rendement sur les obligations d'entreprises et alimenté le redressement des marchés boursiers et la reprise des flux de portefeuille vers les économies de marché émergentes.

Claudio Borio a réitéré l'appel de la BRI aux banques centrales à limiter leurs politiques monétaires ultra-accommodantes, jugeant qu'une "combinaison plus équilibrée de politiques publiques est essentielle pour mettre l'économie sur la voie d'une expansion plus robuste, équilibrée et viable".

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