Bratislava? Juste une jolie croisière sur le Danube, regrette Renzi

dimanche 18 septembre 2016 15h07
 

ROME, 18 septembre (Reuters) - Le sommet européen de vendredi à Bratislava n'était rien de plus qu'"une jolie croisière sur le Danube", a regretté dimanche le président du Conseil italien Matteo Renzi, accentuant ses critiques à l'encontre d'Angela Merkel dont il dit ne pas comprendre l'optimisme.

"Je ne sais pas à quoi Merkel fait allusion quand elle parle de l''esprit de Bratislava'", dit-il dans une interview publiée dimanche par le Corriere della Sera. "Si les choses continuent ainsi, au lieu de l'esprit de Bratislava, nous parlerons du fantôme de l'Europe."

Dès vendredi soir, Renzi s'était dit mécontent des conclusions du sommet européen de Bratislava, où il avait été tenu à l'écart de la conférence de presse commune donnée par Angela Merkel et François Hollande.

Le sommet censé préparer l'avenir de la construction européenne à l'heure du Brexit et de la montée des partis eurosceptiques n'a marqué, ajoutait-il, aucune avancée significative notamment sur le dossier de la crise migratoire où son pays est en première ligne.

"Dire que le document d'aujourd'hui est un pas en avant sur la question des migrants relèverait de l'imagination ou de l'acrobatie verbale", ajoutait-il.

Dans l'interview accordée au Corriere della Sera, il va plus loin. "Si nous devons passer l'après-midi à écrire des documents sans âme ni horizon, qu'ils le fassent eux-mêmes", dit-il de ses partenaires européens.

"A Bratislava, nous avons eu droit à une jolie croisière sur le Danube, mais j'espérais des réponses à la crise provoquée par le Brexit, et pas simplement un tour en bateau."

Il explique par ailleurs, en pleine préparation de son budget 2017, qu'il prévoit d'exclure des règles budgétaires européennes les dépenses consacrées à l'immigration et au renforcement des normes parasismiques des bâtiments.

Et, prévient-il, "pas question de négociations" avec la Commission européenne quand d'autres pays européens dépassent plus largement que l'Italie les règles limitant les déficits publics.

Au pouvoir depuis février 2014, Renzi jouera son avenir politique lors du référendum de cet automne sur la réforme constitutionnelle. La consultation n'a pas encore été fixée, mais devrait avoir lieu fin novembre, début décembre. Le président du Conseil s'est engagé à démissionner si les Italiens ne votent pas majoritairement en faveur de son projet institutionnel. (Gavin Jones; Henri-Pierre André pour le service français)