Natixis-Les syndicats opposés à une délocalisation au Portugal

vendredi 16 septembre 2016 16h53
 

PARIS, 16 septembre (Reuters) - Les syndicats de la banque d'investissement Natixis ont appelé vendredi leur direction à faire preuve de "patriotisme économique" en essayant de trouver en France une alternative à un plan de délocalisation au Portugal d'activités informatiques représentant 600 emplois.

"Alors que le pays est tous les jours durement touché par les suppressions d'emplois, il semble invraisemblable que Natixis, sauvée de la faillite par l'Etat et donc par les contribuables français, ne daigne pas considérer son propre pays dans sa politique d'optimisation des coûts", ont dénoncé dans un communiqué cinq syndicats du groupe et son Comité central d'entreprise (CCE).

Pour ces derniers, un regroupement des activités en province permettrait de dégager des économies substantielles, tout en limitant les risques opérationnels liés à un changement de pays.

"Les données à disposition montrent une économie de 27 millions d'euros en externalisant les emplois à Portol'économie serait de 15 millions d'euros en implantant l'activité en province", peut-on lire dans le communiqué signé par la CFDT, la CFTC, la CGT, le SNB et l'Unsa.

Contacté par Reuters, le secrétaire du CCE Nicolas Getti a indiqué que les organisations syndicales n'envisageaient pas pour l'heure un appel à la grève ou à manifester mais souhaitaient plutôt aboutir à "un vrai dialogue avec la direction" pour réorienter le projet "Atlas" vers une alternative française.

Le service de presse de Natixis n'était pas immédiatement joignable pour commenter le communiqué des syndicats.

Le choix de délocaliser des activités au Portugal a déjà été fait par BNP Paribas, qui a commencé fin 2015 à recruter pour un nouveau centre européen d'opérations financières basé à Lisbonne. (Johanna Decorse et Julien Ponthus, édité par Jean-Michel Bélot)