Un concurrent d'Alstom craint un "parasitage" des offres-presse

vendredi 16 septembre 2016 08h53
 

PARIS, 16 septembre (Reuters) - Un concurrent d'Alstom , le constructeur espagnol CAF, redoute dans Les Echos que la polémique créée par le projet du groupe français de fermer partiellement son site de Belfort ne vienne "parasiter" des appels d'offres en cours.

François Hollande et le gouvernement ont promis de tout faire pour sauver la production sur ce site historique du groupe, dont l'Etat contrôle 20% du capital, en pressant les acheteurs potentiels de passer des commandes.

"Nous sommes vigilants et attentifs à ce que le climat actuel ne vienne pas perturber la concurrence entre entreprises", déclare Francis Nakache, directeur général de CAF France, dans un entretien au quotidien économique.

Le groupe espagnol est en lice pour deux appels d'offres : le premier portant sur des locomotives pour la RATP et le second pour des RER de la SNCF.

"Nous avons respecté tous les critères et nous ne pouvons pas concevoir qu'une procédure aussi normée puisse être parasitée par des considérations extérieures. Nous souhaitons que toute ambiguïté soit levée au plus vite", ajoute le dirigeant au sujet du marché des RER de nouvelle génération, dont il estime la valeur potentielle à 3 milliards d'euros.

Dans une tribune publiée dans le même quotidien, le député PS de Gironde Gilles Savary estime pour sa part qu'Alstom paye son "addiction" aux commandes publiques en France.

"Sur le marché français, Alstom Transport est accoutumé au quasi-monopole d'une commande publique qui n'est pas si naïve que ce qu'en pensent les naïfs. Elle y dispose d'un droit de tirage quasi discrétionnaire sur la SNCF et sur nos autorités organisatrices de transports, auxquels elle impose ses prix et sa gamme, sans concurrence effective", estime le député.

Gilles Savary plaide pour que les sites français du groupe, jusqu'à présent essentiellement dédiés selon lui à la commande publique française, puissent bénéficier du dynamisme du groupe à l'international où Alstom a notamment décroché une mégacommande aux Etats-Unis. (Gwénaëlle Barzic, édité par Dominique Rodriguez)