La BCE doit respecter la clé de répartition dans le QE-Weidmann

jeudi 15 septembre 2016 20h16
 

KARLSRUHE, 15 septembre (Reuters) - Le président de la Bundesbank a mis en garde jeudi contre la tentation d'utiliser le programme de rachat d'actifs de la Banque centrale européenne pour financer à bon compte les pays les plus endettés de la zone euro.

Confrontée au risque d'une pénurie d'obligations allemandes éligibles à son programme d'assouplissement quantitatif (QE) de 1.740 milliards d'euros, la BCE étudie diverses options pour poursuivre ses rachats d'actifs, y compris en modifiant leur répartition par pays.

Lors d'une conférence à Karlsruhe, Jens Weidmann a affirmé qu'une ouverture du programme vers les pays les plus endettés pourrait mettre en péril l'argent du contribuable si les banques centrales nationales venaient à subir des pertes sur cet investissement.

Il a recommandé en conséquence de respecter les règles actuelles voulant que les achats d'actifs soient proportionnels à la taille relative de chaque économie (la "clé de répartition") et soient effectués par les banques centrales nationales.

"On doit s'en tenir à ce critère du programme actuel si on ne veut pas mettre l'Eurosystème en difficulté", a-t-il dit.

Depuis le début du QE, les achats d'obligations souveraines allemandes représentent 26% du programme. C'est, comme pour la France, l'Italie et l'Espagne, un peu plus que le poids du pays dans la zone euro, ce qui s'explique par le fait que la Grèce et Chypre ne participent pas au programme.

Jens Weidmann, chef de file des "faucons" au conseil des gouverneurs de la BCE, a souligné que la banque centrale devait résister à la pression des marchés en faveur de nouvelles mesures d'assouplissement monétaire.

Comme son homologue néerlandais Klaas Knot la veille, il a estimé que la BCE devait faire preuve de souplesse dans son interprétation de l'objectif d'un taux d'inflation d'un peu moins de 2% sur le moyen terme.

"Dans ce contexte, le moyen terme ne signifie pas 'dans un avenir lointain' mais pas non plus 'dès que possible et par tous les moyens'", a-t-il déclaré. (Francesco Canepa et Andreas Framke, Véronique Tison pour le service français)