France-Hollande fustige un "laxisme budgétaire" à droite

jeudi 15 septembre 2016 14h09
 

PARIS, 15 septembre (Reuters) - François Hollande a critiqué jeudi les annonces par plusieurs candidats de droite à l'élection présidentielle qu'ils ne respecteraient pas l'engagement de ramener le déficit sous la limite européenne de 3% du PIB fin 2017.

Le gouvernement présentera fin septembre le projet de loi de finances pour 2017 qui visera à réduire ce déficit à 2,7% mais les équipes de Nicolas Sarkozy, d'Alain Juppé et François Fillon prédisent un déficit toujours supérieur à 3%.

"Pour un responsable public, l'audace, ce n'est pas forcément de promettre plus de dépenses et moins d'impôts. Ça peut arriver chez les mêmes personnes", a dit le chef de l'Etat lors d'un discours à l'Elysée.

"Ce n'est pas non plus de faire un choix qui cède au laxisme budgétaire, qui laisserait penser qu'on peut brader notre souveraineté nationale même si les taux d'intérêt sont très faibles. Ce n'est pas non plus d'augmenter la dette publique", a ajouté François Hollande.

Pour 2017 et 2018, l'ancien Premier ministre François Fillon table par exemple sur un déficit public nettement aggravé, qui s'élèverait respectivement à 4,7% du PIB et 4,5% du PIB.

"C'est le choix que je défendrai auprès des institutions européennes si je suis élu président", a expliqué le candidat à la primaire de novembre lors de la présentation à la presse du "cadrage financier" de son programme économique.

"L'augmentation est également liée à la nécessité de faire redémarrer l'économie française", a ajouté François Fillon, qui prône notamment 50 milliards d'euros d'allègements fiscaux et sociaux dès le dernier trimestre 2017.

Le programme de François Fillon prévoit un retour à l'équilibre budgétaire au terme du prochain quinquennat, en 2022.

Dans une interview donnée aux Echos fin août, Nicolas Sarkozy avait quant à lui affirmé qu'il fallait s'attaquer à "la cause structurelle des déficits", laissant entendre par là que l'objectif des 3% ne serait pas une priorité en début de mandat. (Jean-Baptiste Vey et Simon Carraud, édité par Yves Clarisse)