Knot (BCE) met en garde contre les effets secondaires du QE

mercredi 14 septembre 2016 16h30
 

VIENNE, 14 septembre (Reuters) - La Banque centrale européenne doit être plus souple dans l'interprétation de son mandat sur la stabilité des prix, a estimé mercredi Klaas Knot, le président de la Banque des Pays-Bas qui à ce titre siège au Conseil des gouverneurs de la BCE.

Lors d'une conférence à Vienne, il a fait valoir que la BCE était confrontée à une situation inédite depuis 80 ans et averti que de nouvelles mesures d'assouplissement monétaire risqueraient d'entraîner des effets secondaires indésirables.

Ses propos font écho à ceux de Sabine Lautenschläger, membre du directoire de la BCE, qui avait estimé mardi qu'il fallait laisser le programme d'assouplissement quantitatif (QE) donner des résultats avant de songer à le modifier ou le prolonger.

Les déclarations de ces deux "faucons" de la BCE, qui se sont opposés par le passé à certaines des mesures décidées par la banque centrale, ne constituent pas une surprise mais pourraient tempérer les espoirs de nouveaux stimulants.

Alors que l'inflation ne décolle pas depuis trois ans, le président de la BCE Mario Draghi a affirmé la semaine dernière que la banque centrale étudiait d'éventuelles modifications à apporter aux règles qui régissent son programme de rachats d'actifs destiné à faire baisser les coûts de financement et à stimuler ainsi la croissance dans la zone euro.

"Il faut dire assez clairement que le moyen terme doit être interprété avec souplesse", a déclaré Knot au sujet de l'objectif d'inflation de la BCE.

La banque centrale, a-t-il ajouté, doit veiller à sa communication au regard des anticipations des marchés. "On voit beaucoup de spéculations sur la suite. Je crois qu'il est très dangereux pour une banque centrale de se retrouver trop captive des anticipations des marchés financiers", a-t-il dit.

Le programme de rachat d'actifs de la BCE, d'un montant de 80 milliards d'euros par mois, court jusqu'en mars et les marchés anticipent l'annonce d'ici décembre d'une extension de six mois.

"Si on doit trouver des instruments, on trouvera des instruments", a dit Klaas Knot. "On ne doit jamais sous-estimer le degré d'innovation au sein des banques centrales."

"Mais si on apporte toujours le même remède, avec des doses de plus en plus fortes, on risque d'avoir moins d'efficacité et probablement plus d'effets secondaires." (Francesco Canepa, Véronique Tison pour le service français)