La décision britannique sur Hinkley Point se rapproche

mercredi 14 septembre 2016 17h07
 

par William James et Geert De Clercq

LONDRES/PARIS, 14 septembre (Reuters) - Theresa May, la Première ministre britannique, pourrait annoncer dès jeudi sa décision sur le projet de nouveaux réacteurs nucléaires d'Hinkley Point, un verdict très attendu notamment en France en raison de son enjeu industriel et financier pour EDF.

En juillet, quelques heures seulement avant la signature officielle du projet, la nouvelle occupante du 10, Downing Street avait, à la surprise générale, décidé de le mettre en suspens, expliquant avoir besoin de temps pour évaluer les implications de ce dossier de 18 milliards de livres sterling (21 milliards d'euros), qui prévoit la construction de deux réacteurs de type EPR dans le sud-ouest de l'Angleterre.

L'étude approfondie menée ces deux derniers mois devait porter entre autres sur le volet chinois, EDF ayant conclu un accord avec le groupe public CGN (China General Nuclear Power Corp), qui doit prendre un tiers du projet, et ses conséquences possibles sur la sécurité nationale du Royaume-Uni.

Theresa May a promis de rendre publique sa décision avant la fin du mois.

Une source a déclaré à Reuters qu'elle était prête à donner son feu vert à l'accord tout en l'assortissant de nouvelles conditions. Une autre source a dit que la décision serait rendue publique jeudi tandis que plusieurs médias britanniques ont rapporté que Theresa May annoncerait son verdict dans les prochains jours.

Une porte-parole du ministère britannique des Entreprises s'est refusée à tout commentaire, confirmant simplement que la décision interviendrait avant la fin du mois. Une porte-parole de Theresa May a dit qu'aucune décision n'était adoptée pour l'instant.

Le conseil d'administration d'EDF a donné son feu vert au projet Hinkley Point fin juillet mais à une courte majorité seulement, plusieurs de ses membres s'y opposant en raison notamment de son coût, qu'ils jugent susceptible de compromettre la santé financière du groupe public français.

Pékin, de son côté, a prévenu qu'un rejet par Londres affecterait les investissements chinois en Grande-Bretagne. Par ailleurs, certains critiques estiment que Londres s'est engagé sur un prix d'achat trop élevé pour l'électricité que produiront les futurs réacteurs.   Suite...