France-Fillon prêt à contourner Maastricht avant l'"équilibre" en 2022

mercredi 14 septembre 2016 13h42
 

PARIS, 14 septembre (Reuters) - François Fillon, candidat à l'investiture présidentielle à droite, a de nouveau défendu mercredi son plan drastique de redressement des finances publiques françaises tout en soulignant l'inéluctabilité d'une nouvelle entorse aux règles européennes sur les déficits lors du prochain quinquennat.

L'ancien Premier ministre, qui plafonne à 10% des intentions de vote, a de nouveau opposé le "sérieux" et la "crédibilité" de son programme, qui prévoit 100 milliards d'euros d'économies en cinq ans, aux propositions "datées" de Nicolas Sarkozy et à celui "très prudent" d'Alain Juppé, "qui n'est pas de nature à provoquer le choc nécessaire".

"Je vois que le débat sur l'identité nationale bat son plein. Il est important mais il restera virtuel si la France ne retrouve pas la maîtrise de son destin", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

"De même, le débat sur la sécurité est une manière d'occulter son incapacité à résoudre les problèmes économiques du pays", a-t-il ajouté.

Le député de Paris estime que la France s'expose à "une crise financière majeure" si elle ne produit pas un effort massif qui, de son point de vue, n'aura "aucun effet récessif".

"Je ne crois pas à ce risque", a-t-il plaidé aux côtés, notamment, de Gilles Carrez, président (Les Républicains) de la commission des Finances de l'Assemblée nationale.

"L'heure de vérité va vite sonner sur les finances publiques. (...) Personne n'est capable de dire que les taux d'intérêt ne remonteront pas dans les 18 mois qui viennent", a-t-il souligné.

Pour susciter ce "choc de compétitivité", François Fillon, qui préconise notamment une hausse de deux points de la TVA, parie sur un cadrage financier en contravention avec les directives européennes.

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