ENCADRÉ-L'Etat, premier actionnaire d'Alstom sans avoir payé

mardi 13 septembre 2016 12h55
 

PARIS, 13 septembre (Reuters) - L'Etat français contrôle aujourd'hui 20% du capital et des droits de vote d'Alstom en vertu d'un prêt de titres consécutif à la vente du pôle énergie du groupe à General Electric, mais il n'a à ce jour rien déboursé pour occuper cette position de premier actionnaire.

En vertu d'un accord conclu en 2014, Bouygues, alors détenteur de 28,3% du capital d'Alstom, a prêté à l'Etat 20% de ses titres le 4 février dernier à titre gracieux.

L'Etat contrôle donc les titres équivalents sans pour autant les détenir et compte deux administrateurs au conseil d'Alstom - Pascal Faure et Olivier Bourges - sur un total de 13. En revanche, il ne touche aucun dividende.

Pendant 20 mois, soit jusqu'en octobre 2017, l'Etat dispose d'une option d'achat sur ces titres, mais au prix minimum exigé par Bouygues de 35 euros par action. Le niveau nettement plus bas du cours d'Alstom (24 euros environ à la Bourse de Paris) signifie qu'il n'a à ce jour aucun intérêt financier à payer 35 euros des titres.

A partir d'octobre 2017, l'Etat disposera pendant huit jours d'une autre option d'achat au prix du marché : soit il acquiert les titres, soient ils reviennent à Bouygues.

Mais quel que soit son choix, la décision finale devrait revenir à un autre gouvernement, puisque la période de 20 mois s'achèvera formellement le 17 octobre 2017, soit bien après l'élection présidentielle de mai prochain.

Arnaud Montebourg, alors ministre de l'Economie, avait justifié en 2014 l'accord entre l'Etat français et Bouygues par la nécessité de "garantir l'intérêt de long terme d'Alstom" alors que le groupe était en passe de vendre ses activités dans l'énergie à General Electric.

Voir aussi: Alstom-Le sauvetage de Belfort, enjeu de la campagne 2017 (Gilles Guillaume et Benjamin Mallet, édité par Jean-Michel Bélot)