12 septembre 2016 / 14:47 / il y a un an

La BCE laisse des marges aux banques sur les créances douteuses

* Les nouvelles recommandations ne sont pas contraignantes

* La BCE pourra quand même sanctionner des banques

* Graphique du ratio de créances douteuses par pays: tmsnrt.rs/2clwaCX

par Francesco Canepa et Balazs Koranyi

FRANCFORT, 12 septembre (Reuters) - Les banques de la zone euro pourront elles-mêmes fixer leurs objectifs de réduction de leurs créances douteuses et seuls les écarts importants seront sanctionnés, montrent les recommandations présentées lundi par la Banque centrale européenne.

La BCE s'efforce d'inciter les banques, notamment celles des pays les plus en difficulté comme l'Italie, de réduire le poids des créances douteuses dans leur bilan afin de favoriser le crédit et l'activité économique. L'encours total des créances douteuses dans la zone euro avoisine actuellement 900 milliards d'euros.

Les "lignes directrices" dévoilées lundi prévoient que les banques se dotent d'elles-mêmes d'objectifs chiffrés à un an et à trois ans, en l'absence desquels elles s'exposeraient à des "mesures prudentielles" de la BCE, parmi lesquelles pourrait figurer un relèvement des ratios réglementaires de solvabilité.

Mais la BCE a précisé que les nouvelles lignes directrices ne seraient pas contraignantes. Seuls des écarts "significatifs" par rapport aux objectifs pourraient déclencher des sanctions et dans de nombreux cas, le processus prendra plus de trois ans.

Cette méthode suggère que la BCE préfère augmenter progressivement la pression sur les banques plutôt que de leur forcer la main afin d'éviter un impact trop brutal sur leurs bénéfices.

LE PROCESSUS PRENDRA PLUS DE TROIS ANS

"S'il y a des écarts importants, alors évidemment nous discuterons avec la banque de la manière dont elle se rapprochera des lignes directrices, et notamment du délai dans lequel cela s'effectuera", a déclaré Sharon Donnery, gouverneure adjointe de la banque centrale d'Irlande, qui préside le groupe de travail de la BCE sur les créances douteuses.

Lors de l'annonce du lancement du processus d'élaboration de ces lignes directrices en janvier, des banques et des investisseurs avaient craint que la BCE n'oblige certains établissements à vendre en urgence une partie de leur portefeuille de prêts, ce qui se serait traduit par une baisse des prix, donc par un impact sur les bénéfices et le bilan.

Mais les annonces de lundi montrent que les banques auront trois ans, voire davantage, pour faire le ménage dans leurs prêts à risque.

"Nous avons fait le choix d'un objectif à trois ans parce que la plupart des banques ont des projections à trois ans dans leur plan stratégique (...) Pour un certain nombre de banques, ce ne sera pas la fin de l'histoire, cela prendra plus de temps", a expliqué Sharon Donnery.

Environ 7% de l'encours global de prêts des 129 grandes banques placées sous l'autorité directe de la BCE étaient classés fin 2015 comme "non-performants" car l'emprunteur avait au moins 90 jours de retard dans ses obligations, a précisé la BCE. Ce ratio atteint 12% en Italie, 15% au Portugal et 47% en Grèce, contre 3% en Allemagne et 4% en France. (Marc Angrand pour le service français, édité par Patrick Vignal)

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