Les débuts boursiers d'Uniper font chuter le titre E.ON

lundi 12 septembre 2016 10h18
 

FRANCFORT, 12 septembre (Reuters) - L'action Uniper a débuté à un peu plus de 10 euros lundi à la Bourse de Francfort, dans le haut de la fourchette des estimations d'analystes, mais les premières séances de cotation de la filiale d'E.ON s'annoncent volatiles et la maison mère chute.

Vers 8h00 GMT, le titre Uniper s'échangeait à 10,95 euros après un plus haut à 11,05. Au même moment, E.ON chutait de 12,44% à 7,1390 euros, la plus forte baisse de l'indice européen Stoxx 600, tombant ainsi à son plus bas niveau depuis 23 ans.

Goldman Sachs, UBS et Independent Research ont revu en baisse leur opinion sur E.ON en raison de la scission.

Le groupe a distribué à ses actionnaires 53,35% du capital d'Uniper, qui regroupe ses centrales électriques au gaz et au charbon et ses activités de courtage d'énergie, sur la base d'une action Uniper pour dix titres E.ON détenus.

Si E.ON fait partie de l'indice Dax de la Bourse de Francfort et de plusieurs autres indices importants, ce ne sera pas le cas pour Uniper, ce qui conduira les fonds indiciels - qui s'attachent à répliquer la performance d'un indice de référence - à vendre rapidement la valeur.

Pour tenter d'amortir l'impact de ce courant vendeur, E.ON a mandaté les banques JPMorgan, Morgan Stanley et Citigroup, chargées de trouver des acheteurs pour les titres appelés à affluer sur le marché.

Les estimations par les analystes financiers de la valeur d'Uniper allaient de 5,50 à 13 euros par action, donnant une valorisation globale de deux à cinq milliards d'euros pour la nouvelle entité, bien inférieure à celle de 12 milliards inscrite au bilan d'E.ON.

Ce dernier devra donc déprécier sa participation résiduelle, une dépréciation qui affaiblira encore un bilan déjà affecté par plus de 18 milliards d'euros de charges exceptionnelles depuis 2014.

Cette opération privera donc le groupe de ressources nécessaires pour investir dans ses activités de réseaux, de distribution et d'énergies renouvelables, sur lesquelles il entend se recentrer désormais, tout en réduisant la valeur de la participation résiduelle dans Uniper, appelée à terme à être cédée.

(Ludwig Burger, Christoph Steitz et Maria Sheahan; Marc Angrand pour le service français, édité par Véronique Tison)