LEAD 3-Alstom-La fin de la production de trains à Belfort suscite l'émoi

mercredi 7 septembre 2016 19h37
 

(Actualisé avec courrier de parlementaires à François Hollande)

PARIS, 7 septembre (Reuters) - Alstom va transférer d'ici fin 2018 la production de trains et le bureau d'études de son site historique de Belfort vers celui de Reichshoffen, en Alsace, pour tenir compte de la baisse des commandes en France, a déclaré mercredi un porte-parole du constructeur ferroviaire.

Des voix se sont immédiatement élevées pour réclamer qu'Alstom renonce à ce projet.

Jean-Pierre Chevènement, ancien député-maire de Belfort, a écrit sur son blog : "Quel symbole ce serait que la disparition de l'usine mère de Belfort! Je demande au gouvernement et au président de la République qui connaît bien le dossier Alstom de faire en sorte que cette entreprise présente sans tarder un plan alternatif."

Le porte-parole d'Alstom a précisé qu'il n'y aurait aucun départ contraint à Belfort d'ici fin 2018 et que les 400 salariés concernés se verraient proposer un reclassement dans un autre site d'Alstom en France.

Belfort compte actuellement 480 salariés. Son activité sera recentrée sur la maintenance et la réparation.

"La charge (de travail) des sites d'Alstom en France va baisser de 30% d'ici 2018 en raison de la baisse des commandes et des projets d'investissements", a rappelé le porte-parole, ajoutant que Belfort était le site le plus impacté en raison de sa spécialisation dans la production de locomotives de fret.

Alstom a raté cet été un contrat passé par Akiem, société de location de locomotives détenue à parité par la SNCF et par Deutsche Bank, qui lui a préféré l'allemand Vossloh pour la fabrication de 44 locomotives de manoeuvre.

"Si nos politiques avaient fait du bon boulot, ils auraient donné la commande d'Akiem à Belfort. On ne se laissera pas faire", a affirmé Daniel Dreger, délégué CGT du site de Reichshoffen.   Suite...