La liberté de la presse n'est pas négociable, dit Berlin à Ankara

mercredi 7 septembre 2016 15h08
 

BERLIN, 7 septembre (Reuters) - Le gouvernement allemand a rappelé mercredi que la liberté de la presse n'était pas un droit négociable au lendemain de la confiscation mardi par les autorités turques de la vidéo d'une interview du ministre turc de la Jeunesse et des Sports réalisée par la Deutsche Welle.

Le directeur de la radiotélévision internationale allemande, Peter Limburg, a estimé que la confiscation de l'enregistrement constituait une "violation flagrante de la liberté de la presse". ( )

Un porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères a indiqué que l'ambassadeur en Turquie avait eu mercredi matin une discussion "constructive" avec un représentant des services d'Akif Cagatay Kilic, le ministre turc de la Jeunesse.

"L'ambassadeur a clairement indiqué que pour nous, pour lui, pour le gouvernement allemand, pour la presse allemande, la liberté de la presse était très importante", a dit le porte-parole.

Steffen Seibert, porte-parole d'Angela Merkel, a indiqué pour sa part que l'Allemagne considérait cette liberté de la presse comme un droit qui n'était pas négociable.

Ce nouvel incident entre Berlin et Ankara vient s'ajouter à une série de différends qui ont terni les relations entre les deux pays au cours des derniers mois, alors que les adversaires politiques de la chancelière allemande lui reprochent d'être trop conciliante avec la dérive autoritaire du régime turc.

La Turquie a vivement critiqué l'adoption en juin par le parlement allemand d'une résolution reconnaissant comme un "génocide" les massacres commis par les troupes ottomanes contre les populations arméniennes en 1915.

En représailles, le gouvernement turc s'oppose à la venue de parlementaires allemands sur la base aérienne d'Incirlik, qui abrite des forces de l'Otan, dont 250 soldats de la Bundeswehr.

(Madeline Chambers; Pierre Sérisier pour le service français)