La Pologne pourrait bloquer la vente d'actifs EDF et Engie

mercredi 7 septembre 2016 14h28
 

KRYNICA-ZDROJ, Pologne, 7 septembre (Reuters) - La Pologne a placé les actifs charbon détenus dans le pays par les géants français EDF et Engie sur une liste d'entreprises jugées importantes pour la sécurité énergétique, en vue d'empêcher d'éventuelles cessions, a dit mercredi le ministre de l'Energie.

En plus de ces actifs, la liste du gouvernement polonais comprend notamment le producteur de cuivre public KGHM, le chimiste Azoty, le groupe énergétique Tauron et l'opérateur télécoms TK Telekom.

"Dans le cas où EDF décide de quitter la Pologne, nous obtenons le droit de barrer la route à un acheteur potentiel en plaçant EDF sur une telle liste", a dit à des journalistes Krzysztof Tchorzewski en marge d'un forum économique organisé à Krynica, dans le sud du pays.

Le ministre de l'Energie n'a pas voulu dire s'il avait parlé à EDF ou à Engie d'éventuelles transactions ni si son ministère utiliserait son droit de veto. Mais il a ajouté que si le racheteur pressenti était un fonds d'investissement, en quête de retours rapides, le ministère devrait "examiner le dossier".

Début janvier, EDF a lancé la procédure de vente de ses centrales à charbon en Pologne, d'une valeur susceptible d'atteindre deux milliards de zlotys (463 millions d'euros).

Le groupe tchèque CEZ a dit en juin avoir soumis une offre non contraignante pour les actifs polonais d'EDF, qu'intéresseraient également le finlandais Fortum, le français Veolia et les polonais PGNiG, Enea et Energa.

En Pologne, EDF détient 15% du marché du chauffage. Sa centrale au charbon de 1,7 gigawatts de Rybnik, dans le sud du pays, génère environ 7% de l'électricité consommée sur le territoire polonais.

En avril, Engie a dit vouloir vendre sa centrale au charbon de Polaneic, qui représente quelque 5,5% de la capacité de production d'électricité installée du pays. Enea s'est dit intéressé par cet actif.

La Pologne multiplie les mesures pour garder le contrôle de compagnies jugées stratégiques depuis que le russe Acron a porté, en 2014, sa participation dans Azoty à 20%. (Wojciech Zurawski, Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par Véronique Tison)