LEAD 1-Pop Vicenza accuse une perte de 795 millions au S1

lundi 5 septembre 2016 20h24
 

(Actualisé avec des précisions)

VICENCE, Italie, 5 septembre (Reuters) - La banque régionale italienne Popolare di Vicenza a annoncé lundi une perte de 795 millions d'euros au premier semestre, conséquence d'une augmentation des provisions destinées à couvrir des créances douteuses et d'éventuels procès de la part de la clientèle.

La perte s'explique aussi, à hauteur de 310 millions d'euros, par la décision de l'actionnaire Cattolica Assicurazioni de sortir d'une coentreprise à la suite de la transformation de la banque en une société anonyme, a explique Popolare di Vicenza, la huitième banque italienne.

Cette dernière est propriété du fonds de renflouement bancaire Atlante, qui avait dû intervenir en mai après l'échec de sa tentative d'introduction en Bourse de 1,5 milliard d'euros.

L'administrateur délégué Francesco Iorio a précisé que la banque avait constitué jusqu'à présent des réserves de 230 millions d'euros pour parer à tout litige.

Les dépréciations de créances ont approché les 600 millions d'euros durant la période considérée, en prenant en compte les conclusions provisoires d'un examen pratiqué par la Banque centrale européenne (BCE).

Popolare di Vicenza explique aussi dans un communiqué que son ratio de fonds propres CET1 était de 10,75% fin juin, à comparer au ratio minimal de 10,25% exigé par la BCE.

La banque, qui a perdu 2,2 milliards d'euros sur la période 2014-2015 en raison d'un assainissement du bilan imposé par la BCE, fait l'objet d'une enquête après que l'institut d'émission eut remarqué que l'établissement avait financé des clients à hauteur d'un milliard d'euros pour qu'ils achètent ses titres et gonflent ainsi artificiellement ses fonds propres.

Les plaintes de la clientèle ont plus que doublé sur la période janvier-juin pour approcher les 7.000, précise la banque, les actionnaires mécontents d'avoir vu fondre leurs économies ayant saisi la justice.

La banque a dit qu'elle continuerait de coopérer avec les magistrats et qu'elle tenterait de passer un compromis amiable. (Valentina Za; Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Patrick Vignal)