France-L'OFCE pointe les mauvais choix du début du quinquennat

lundi 5 septembre 2016 16h37
 

* Un choc fiscal initial incompatible avec la baisse du chômage

* Du mieux avec la politique de l'offre à partir de 2014

* Un rétablissement trop lent de l'emploi

PARIS, 5 septembre (Reuters) - Le rythme trop élevé de la consolidation budgétaire a plombé la croissance et l'emploi en France dans les premières années du quinquennat de François Hollande mais l'inflexion vers une politique de l'offre à partir de 2014 lui permet de terminer sur une note plus positive, estime l'OFCE.

Dans un bilan publié lundi, l'Observatoire français des conjonctures économiques estime que l'assainissement des finances publiques françaises aura eu un effet récessif de 0,8 point de PIB en moyenne par an entre 2012 et 2016, un niveau d'autant plus élevé que plusieurs autres pays européens étaient engagés simultanément dans des efforts similaires.

L'objectif était de ramener le déficit public sous 3% du PIB (contre 5,1% fin 2011) pour stabiliser la dette de la France, avec un échéancier que la Commission européenne a accepté de repousser de deux ans jusqu'en 2017, dans le but d'éviter qu'elle n'atteigne 100% du PIB.

Dans un premier temps, le gouvernement a choisi d'agir par la seule hausse des prélèvements obligatoires, une politique lancée dans les derniers mois du quinquennat de Nicolas Sarkozy.

L'impact total des mesures votées en 2012 et 2013, qui a porté le taux de prélèvements obligatoires à des niveaux records (44,8% du PIB) est estimé par l'OFCE à 52 milliards d'euros (16 milliards sur les entreprises et 32 milliards pour les ménages).

Alors que François Hollande évoquait la possibilité d'une inversion de la courbe du chômage dès 2013, l'institut de conjoncture estime que l'ampleur de ce choc fiscal "n'était pas compatible avec une baisse du chômage au cours de la première moitié du quinquennat".   Suite...