Dépakine-Tous les "responsables" doivent payer, dit Touraine

dimanche 4 septembre 2016 16h07
 

PARIS, 4 septembre (Reuters) - L'Etat n'exclut pas de se retourner contre d'"autres responsables" dans l'affaire de la Dépakine, un antiléptique controversé commercialisé par Sanofi depuis 1967 en France, a déclaré dimanche Marisol Touraine.

Le gouvernement a annoncé la semaine dernière la mise en place d'un fonds d'indemnisation pour les victimes de ce médicament qui aurait été consommé par plus de 14.000 femmes enceintes entre 2007 et 2014 alors que le risque de malformations congénitales était connu.

"L'Etat va indemniser et s'il pense que d'autres responsables que l'Etat sont en jeu, alors il se retournera contre ces responsables", a dit la ministre de la Santé dans l'émission "Le Grand Jury" (RTL-Le Figaro-LCI).

"Ce qui compte pour moi, c'est que les victimes soient indemnisées rapidement et simplement. Donc on ne va pas chipoter, parce que les victimes ont assez souffert comme ça", a-t-elle souligné.

"On ne va pas demander aux victimes de passer par le parcours du combattant après être passées par le parcours de la souffrance."

La ministre de la Santé a par ailleurs émis des réserves sur la proposition du député socialiste Gérard Bapt d'instaurer une taxe sur les produits de santé pour financer le fonds d'indemnisation.

"Je suis pour que ceux qui sont responsables payent et pas pour que tout le monde mette au pot", a-t-elle dit.

"Prenez la situation du Mediator, ça voudrait dire que d'autres laboratoires qui n'y étaient pour rien auraient mis au pot et Servier aurait pu dire 'c'est moi qui suis responsable mais c'est les autres qui payent'", a-t-elle ajouté, en référence au scandale du Mediator du laboratoire Servier.

A la suite de la publication d'un rapport des autorités sanitaires françaises fin août sur la Dépakine, Sanofi a indiqué qu'il allait analyser les résultats de l'étude.

Selon l'Association d'aide aux parents d'enfants souffrant du syndrome de l'anticonvulsivant (Apesac), la Dépakine pourrait avoir fait plus de 50.000 victimes depuis sa commercialisation. (Marine Pennetier, édité par Jean-Stéphane Brosse)