Rajoy de retour au Parlement espagnol sans véritable espoir

vendredi 2 septembre 2016 03h52
 

MADRID, 2 septembre (Reuters) - Mariano Rajoy, président du gouvernement espagnol sortant et chef de file du Parti populaire (PP, droite conservatrice), va de nouveau tenter d'obtenir ce vendredi la confiance des députés. Mais ce nouveau tour de scrutin ne devrait pas débloquer la crise politique dans laquelle l'Espagne se débat depuis plus de huit mois.

Rajoy pourra compter sur les voix des 137 députés du PP, des 32 centristes libéraux de Ciudadanos (Citoyens) et de l'élue de Coalición Canaria. Mercredi déjà, il a fait le plein de voix de ce côté de l'hémicycle, mais la règle qui s'appliquait était celle de la majorité absolue et il lui a manqué six voix pour obtenir les 176 votes nécessaires.

Pour être investi ce vendredi, une majorité simple des votants serait suffisante. Dans ces conditions, onze abstentions lui permettraient de l'emporter.

Mais les députés du Parti socialiste (PSOE), les élus du parti de gauche radicale Podemos et les autres parlementaires, qui représentent au total 180 sièges, campent sur une volonté de s'opposer à lui et de prendre par conséquent part au vote.

Le porte-parole du PSOE au Congrès des députés, Antonio Hernando, a déclaré jeudi qu'il était "inconcevable" que des députés socialistes changent de ligne et optent pour l'abstention. Il a en outre souligné que si le PP se décidait à présenter un autre candidat que Rajoy, cela ne suffirait pas.

Les débats parlementaires qui se sont poursuivis depuis l'échec de mercredi ont montré le fossé qui continue de se creuser au Parlement.

Si, comme on s'y attend, Rajoy n'obtient pas l'investiture, un nouveau délai théorique de deux mois s'ouvrira pour tenter de former un gouvernement, mais il est plus probable que l'Espagne se dirigera alors vers de nouvelles élections législatives, les troisièmes en un an après les scrutins non concluants de décembre puis de juin derniers.

Le blocage, qui provoque la colère des Espagnols et nourrit leur rejet de la classe politique, a également un effet sur l'économie du pays.

Luis de Guindos, ministre de l'Economie dans le gouvernement intérimaire chargé d'expédier les affaires courantes, a prévenu jeudi que le pays ne pourrait pas respecter ses objectifs budgétaires en 2017 s'il ne se dote pas d'un gouvernement stable.   Suite...