LEAD 2-Pour Rousseff, "l'avenir du Brésil est en jeu" à son procès

lundi 29 août 2016 22h27
 

(Mastic §3)

par Anthony Boadle

BRASILIA, 29 août (Reuters) - Dilma Rousseff, la présidente brésilienne suspendue de ses fonctions, a estimé lundi devant le Sénat que l'avenir du Brésil était en jeu au terme de son procès en destitution, qui devrait mettre fin à son second mandat et à treize ans de gouvernements de gauche.

Accusée d'avoir engagé des dépenses sans l'approbation du Congrès et d'avoir maquillé les comptes publics pour dissimuler l'ampleur du déficit budgétaire lors de la campagne de 2014, Dilma Rousseff a nié tout abus et dénoncé une "conspiration" visant à l'évincer du pouvoir et à préserver les intérêts des plus riches.

"Nous ne sommes plus qu'à un pas d'un vrai coup d'Etat", a déclaré l'ancienne guérillera, qui sera définitivement démise de ses fonctions si, comme cela semble probable, les deux-tiers des sénateurs se prononcent dans la nuit de mardi à mercredi en faveur de sa destitution.

"Je n'ai pas commis les crimes dont je suis arbitrairement et injustement accusée", a-t-elle martelé avant d'évoquer avec émotion les sévices qu'elle avait subi en détention à l'époque de la dictature militaire au Brésil, de 1964 à 1985.

Dilma Rousseff a comparé les sénateurs qui s'apprêtent à voter sa destitution aux officiers de la junte militaire qui l'avaient jugée dans les années 1970, le visage masqué pour qu'on ne puisse pas les reconnaître.

Refoulant ses larmes au moment d'évoquer les tortures subies en détention, elle a conclu: "Aujourd'hui, je n'ai peur que de la mort de la démocratie."

Dilma Rousseff a accusé l'élite économique et l'opposition d'avoir cherché à déstabiliser son gouvernement depuis sa réélection en 2014.   Suite...