26 août 2016 / 15:47 / il y a un an

LEAD 2-Yellen (Fed)-Les arguments pour une hausse des taux renforcés

(Actualisé avec Fischer)

par Jason Lange et Ann Saphir

JACKSON HOLE, Wyoming, 26 août (Reuters) - Les arguments en faveur d'un relèvement des taux d'intérêt aux Etats-Unis se sont renforcés ces derniers mois en raison de l'amélioration de la situation du marché de l'emploi et des anticipations d'une croissance économique modérée, a dit vendredi la présidente de la Réserve fédérale.

Janet Yellen n'a pas dit quand la banque centrale pourrait relever les taux mais ses propos viennent à l'appui de l'opinion voulant qu'un durcissement monétaire soit poursuivi cette année, après un premier relèvement intervenu en décembre 2015.

La Fed doit se réunir d'ici la fin de l'année durant les mois de septembre, novembre et décembre.

S'exprimant dans le cadre du symposium annuel des banquiers centraux de Jackson Hole (Wyoming), Yellen a également observé que "l'économie des Etats-Unis se rapproche des objectifs officiels de la Réserve fédérale d'emploi maximal et de stabilité des prix".

La croissance de l'économie américaine a toutefois été revue légèrement à la baisse au deuxième trimestre mais les dépenses de consommation ont augmenté au rythme le plus soutenu depuis le quatrième trimestre 2014.

"Au vu de la solide performance du marché de l'emploi qui persiste et de nos perspectives d'activité économique et d'inflation, je pense que les arguments en faveur d'une augmentation du taux des fonds fédéraux se sont renforcés ces derniers mois", a ajouté Janet Yellen, notant aussi que la Fed continuait de penser que les futures hausses des taux devaient être "progressives".

Les investisseurs évaluent actuellement à 18% la probabilité d'une hausse des taux en septembre et à 53% pour décembre, selon le baromètre FedWatch de CME Group.

Il est peu probable que les propos de Janet Yellen, qui n'a pas dit clairement quels seraient les paramètres économiques susceptible de déclencher une nouvelle hausse des taux, persuadent certains investisseurs qu'un tour de vis monétaire soit proche parce que, entre autres raisons, les responsables de la Fed paraissent très divisés sur l'opportunité d'agir vite ou au contraire de rester prudent.

"Elle s'est contentée de laisser la porte ouverte à une hausse des taux, de préférence assez proche", observe Subadra Rajappa (Société Générale).

Stanley Fischer, le vice-président de la Fed, a déclaré sur CNBC que les propos de Janet Yellen étaient compatibles avec les anticipations de hausse des taux cette année.

Prié de dire s'il fallait s'attendre à une hausse des taux en septembre ou plus d'une avant la fin de l'année, il a répondu: "Je pense que ce que la présidente a dit aujourd'hui est compatible avec un 'oui' en réponse à vos deux questions mais nous n'en savons rien tant que nous n'avons pas vu les données".

LE DOLLAR MONTE

Le dollar a monté contre le yen et l'euro tout de suite après les déclarations de la présidente de la Fed, avant de fléchir, tandis que Wall Street a brièvement réduit ses gains, tandis que les emprunts longs du Trésor américains se traitaient en hausse.

Janet Yellen observe que les responsables de l'institut d'émission ont des opinions très diverses sur les niveaux qu'atteindront les taux d'intérêt dans les années à venir.

Les prévisions du moment, a-t-elle dit, induisent une probabilité de 70% que le taux des fed funds se situe entre 0% et 3,75% à la fin de 2017 et entre 0% et 4,5% à la fin de 2018.

Une telle incertitude, a-t-elle poursuivi, est liée à l'incapacité de prédire les chocs économiques.

L'essentiel du discours de Janet Yellen était consacré aux moyens pour la banque centrale de réagir à des futures récessions dans la mesure où nombre d'économistes et de responsables de la Fed pensent que le vieillissement de la population et d'autres éléments plaident pour un ralentissement de la croissance des Etats-Unis sur le long terme.

Moins de croissance impliquant des taux d'intérêt plus bas en moyenne sur le long terme, certains analystes laissent entendre que la Fed sera moins bien équipée pour faire face à de futures récessions car elle aura moins de marge de manoeuvre pour abaisser les taux.

Une opinion "exagérée", dit Janet Yellen, expliquant que la Fed recourra aux achats obligataires et au pilotage des anticipations ("forward guidance") comme outils d'assouplissement monétaire.

La Fed compte toujours dégonfler son massif bilan mais cela prendra du temps, a poursuivi Janet Yellen, ajoutant que ce même bilan sera sans doute utile pour un temps, comme outil de politique monétaire.

La Fed pourrait aussi étudier d'autres possibilités, comme élargir la gamme des actifs rachetables, relever l'objectif d'inflation ou définir un objectif de PIB nominal, a-t-elle conclu.

Jason Lange et Ann Saphir; Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Patrick Vignal

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below