Débat public entre la Fed et des opposants aux hausses de taux

vendredi 26 août 2016 11h07
 

JACKSON HOLE, Wyoming, 26 août (Reuters) - Plusieurs responsables de la Réserve fédérale américaine ont participé jeudi à un débat public pour défendre la politique de relèvement des taux d'intérêt amorcée à la fin de l'an dernier par la banque, en soulignant la nécessité de prévenir une surchauffe de l'économie.

Face à la centaine de personnes réunies à Jackson Hole, dans le Wyoming, où se déroule comme chaque année une réunion de banquiers centraux du monde entier, ils ont expliqué que le relèvement progressif des taux permettrait de soutenir plus longtemps l'activité économique alors qu'un emballement de l'économie conduirait le pays à la récession.

"Il ne s'agit pas d'empêcher l'économie de croître", a dit le président de la Fed de San Francisco, John Williams, devant le public réuni à l'appel de l'organisation Fed Up (jeu de mots à partir de l'expression américaine signifiant "ras le bol"), qui appelle la banque centrale à ne pas relever les taux.

"Mon objectif n'est pas de ralentir l'économie", a déclaré pour sa part Esther George, la présidente de la Fed de Kansas City, qui organise la réunion de Jackson Hole, à laquelle participe la présidente de la Réserve fédérale, Janet Yellen.

La banque centrale américaine a relevé son principal taux d'intérêt en décembre 2015 pour la première fois depuis près de dix ans et les marchés financiers s'attendent à une nouvelle hausse d'ici la fin de l'année, même si les responsables de la Fed ont semblé divisés lors de la réunion de politique monétaire de juillet.

Les déclarations de la plupart des responsables de la Fed qui se sont exprimés ces dernières semaines suggèrent toutefois qu'elle se dirige vers une nouvelle hausse de taux, à plus ou moins brève échéance.

La réunion de jeudi soir, présentée comme une "session d'écoute" a donc tourné à la mise en cause des 11 dirigeants de la Fed présents, un nombre inhabituellement élevé.

Pour l'un des participants à la réunion, Rod Adams, relever les taux en ce moment signifierait "nous laisser tomber, retirer l'échelle juste après l'avoir escaladée".

"L'un des principaux objectifs devrait être d'éviter une nouvelle récession", a au contraire plaidé le président de la Fed de Boston, Eric Rosengren.

Si le taux de chômage aux Etats-Unis est tombé sous 5%, la progression des salaires reste faible et le taux de participation à la population active (la part des Américains en âge de travailler qui occupent ou recherchent activement un emploi) demeure inférieure à sa moyenne historique.

Le taux de chômage chez les Afro-Américains est en outre près de deux fois supérieur à celui des Blancs, selon les statistiques officielles. (Ann Saphir et Jason Lange; Marc Angrand pour le service français)