24 août 2016 / 09:12 / dans un an

LEAD 1-Fuite de données-DCNS n'exclut pas une "guerre économique"

(Actualisé avec déclarations supplémentaires)

par Gwénaëlle Barzic et Michel Rose

PARIS, 24 août (Reuters) - Le constructeur naval français DCNS a déclaré mercredi qu‘il ne pouvait pas exclure que la fuite massive de données concernant des sous-marins conçus pour l‘Inde soit partie prenante d‘une “guerre économique” dans un contexte ultra-concurrentiel.

La fuite, qui a été révélée par le journal The Australian de mercredi, concernerait plus de 22.000 pages de documents qui expliquent les capacités secrètes de combat de six sous-marins que DCNS a conçus pour la marine indienne.

DCNS, qui a récemment décroché de haute lutte un méga-contrat pour la prochaine génération de sous-marins australiens, attend les résultats d‘une enquête lancée par les autorités françaises afin de déterminer l‘authenticité des documents et leur nature exacte.

“Nous, nous ne pouvons pas nous avancer sur des allégations qui sont faites. C‘est pour cela que nous demandons aux autorités de faire une enquête”, a expliqué à Reuters une porte-parole de DCNS.

“La concurrence est de plus en plus dure et toutes les pratiques peuvent aussi avoir lieu dans ce contexte-là”, a-t-elle ajouté.

“Il y a l‘Inde, l‘Australie, il y a d‘autres prospects, d‘autres pays qui pourraient aussi émettre légitimement des interrogations sur DCNS. Cela fait partie des outils de la guerre économique.”

L‘Australie a annoncé fin avril démarrer des négociations exclusives avec DCNS pour la construction et la maintenance en Australie de 12 sous-marins, pour un montant total 50 milliards de dollars australiens (34 milliards d‘euros).

Le français a été préféré à l‘allemand Thyssenkrupp Marine Systems (TKMS) et à un consortium japonais formé par l‘Etat, Mitsubishi Heavy Industries et Kawasaki Heavy Industries.

LES PLUS HAUTES AUTORITÉS FRANÇAISES MOBILISÉES

“On a encore plusieurs mois de négociations avec l‘Australie”, a indiqué la porte-parole de DCNS, en précisant que le modèle de sous-marins qui doit équiper la marine australienne est différent des sous-marins indiens.

DCNS a également pour clients la Malaisie, le Brésil, le Chili ou encore l‘Egypte.

“Les plus hautes autorités se sont saisies de l‘affaire”, a précisé la porte-parole, ajoutant que l‘enquête devait déterminer si des documents à caractère confidentiels étaient concernés.

Elle n‘a pas souhaité commenter les informations de la presse australienne évoquant la possible implication d‘un ancien officier de la marine française, sous-traitant de DCNS.

Le ministère français de la Défense n‘a pas souhaité faire de commentaire.

Thales, actionnaire de DCNS à hauteur de 35%, n‘a pas non plus souhaité s‘exprimer.

En fin de matinée, l‘action de l‘équipementier français pour l‘aérospatiale, la défense et la sécurité reculait de 1,11% à 80,46 euros à la Bourse de Paris alors que l‘indice SBF 120 avançait de 0,41%. (Avec Marine Pennetier, édité par Dominique Rodriguez)

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