Williams (Fed) juge qu'une hausse de taux aurait "du sens"

jeudi 18 août 2016 22h46
 

ANCHORAGE, Alaska, 18 août (Reuters) - John Williams, président de l'antenne de la Réserve fédérale à San Francisco, s'est à son tour prononcé jeudi en faveur d'une hausse de taux dans les prochains mois aux Etats-Unis en jugeant qu'une décision trop tardive aurait un coût pour l'économie américaine.

"Dans le contexte d'une économie intérieure solide avec une bonne dynamique, cela a du sens de revenir à un rythme de hausses progressives des taux, préférablement plus tôt que plus tard", a dit John Williams, selon la version écrite d'un discours.

"Si nous attendons jusqu'à voir l'inflation dans le blanc des yeux, nous ne risquons pas seulement de devoir écraser la pédale de frein de la politique monétaire, nous risquons d'entraîner l'économie en marche arrière pour réparer les dégâts provoqués par le fait que nous sommes allés trop loin", a-t-il poursuivi. "Et cela crée en soi des risques d'atterrissage brutal voire de récession."

John Williams ne dispose pas de droit de vote cette année au sein du comité de politique monétaire de la Fed mais il est crédité d'une certaine influence en raison de sa proximité avec Janet Yellen, la présidente de la banque centrale américaine, dont il fut le subordonné à la Réserve fédérale de San Francisco.

Ses homologues de New York, William Dudley, et d'Atlanta, Dennis Lockhart, ont eux aussi défendu mardi l'idée selon laquelle l'économie américaine était certainement suffisamment solide pour que la Fed puisse envisager de nouvelles hausses de taux.

Dans leur grande majorité, les investisseurs ne croient toutefois pas que la Réserve fédérale relèvera ses taux lors de sa prochaine réunion en septembre, après une première hausse en près de 10 ans en décembre dernier.

John Williams a jugé jeudi que le rythme actuel des créations d'emploi aux Etats-Unis n'était "pas tenable". Il a dit constater une accélération de la progression des salaires, dans laquelle il voit un signe des progrès réalisés par la Fed pour atteindre son objectif d'une inflation de 2%.

"Nous sommes au plein emploi et l'inflation est bien en vue de, et se dirige vers, notre objectif", a-t-il dit. "Dans ces conditions, cela a du sens pour la Fed de faire progressivement évoluer les taux vers des niveaux plus normaux." (Ann Saphir; Bertrand Boucey pour le service français)