L'Opep prévoit que son offre sera excédentaire en 2017

mercredi 10 août 2016 15h15
 

LONDRES, 10 août (Reuters) - L'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, a porté sa production de brut à un niveau record en juillet, a-t-elle déclaré à l'Opep, signe que les principaux pays membres du cartel continuent de privilégier la défense de leurs parts de marché au détriment du rééquilibrage entre l'offre et la demande.

Le rapport mensuel de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole publié jeudi montre aussi que la production totale de ses 14 pays membres a atteint un plus haut historique le mois dernier, suggérant que l'offre mondiale devrait rester excédentaire en 2017.

Le prix du baril a chuté de près de 15% en juillet en raison des craintes d'engorgement du marché du brut et de celui des produits raffinés. Cette baisse des prix a ravivé les spéculations sur la possibilité que l'Opep coordonne une limitation de la production de ses membres.

"Le brut bon marché a conduit les raffineurs à produire davantage de produits raffinés dans le monde entier, accentuant la situation de surproduction du marché", constate l'Opep dans son rapport.

L'Arabie saoudite a pompé 10,67 millions de barils par jour (bpj) en juillet, contre 10,55 millions en juin, selon les chiffres qu'elle a transmis à l'Opep. Son précédent record, à 10,56 millions de bpj, remontait à juin 2015.

Des sources du secteur en Arabie saoudite avaient déclaré en avril que la production allait augmenter pour faire face à l'augmentation de la demande et non pour inonder le marché.

D'autres pays de l'Opep augmentent eux aussi leurs pompages, compensant largement les baisses de production liées aux attaques visant des installations pétrolières au Nigeria et au conflit en Libye.

Sur la base des chiffres de l'Opep, obtenus de sources extérieures, le cartel a produit 33,11 millions de bpj en juillet, soit 46.000 de plus qu'en juin. Il s'agit du chiffre le plus élevé enregistré depuis au moins 2008, sur la base des rapports précédents de l'Opep.

L'Irak, deuxième producteur de l'organisation, a lui aussi augmenté sa production le mois dernier tandis que les pompages de l'Iran n'augmentaient que marginalement, l'impact de la reprise de la production iranienne après la levée des sanctions occidentales en janvier s'atténuant.   Suite...