D.Bank a des besoins en capitaux élevés selon la méthode Fed-ZEW

mardi 9 août 2016 19h56
 

FRANCFORT, 9 août (Reuters) - Deutsche Bank affiche le plus important déficit potentiel de fonds propres, devant Société Générale et BNP Paribas, parmi 51 banques européennes soumises à des tests de résistance selon la méthode de la Réserve fédérale américaine, a déclaré mardi l'institut allemand de recherches économiques ZEW.

"Les banques européennes ne disposent pas des fonds suffisants pour compenser les pertes attendues en cas de nouvelle crise financière", affirme ZEW dans un communiqué.

Professeur de finances au sein de cet institut, Sascha Steffen a collaboré avec des chercheurs de la Stern School of Business, l'école de commerce de l'Université de New York, et de l'Université de Lausanne pour effectuer des tests de résistance avec les méthodes employées par la Fed en 2016 et par l'Autorité bancaire européenne (ABE) en 2014 afin de comparer les besoins en capitaux et les niveaux d'endettement des établissements étudiés.

Avec la méthode de la Fed, ces 51 banques européennes affichent un déficit cumulé de fonds propres de 123 milliards d'euros, avec en tête de liste Deutsche Bank (19 milliards), Société Générale (13 milliards) et BNP Paribas (10 milliards).

Les deux banques françaises ont des capitalisations boursières nettement supérieures à ces manques théoriques, respectivement de 26 milliards et 55 milliards d'euros pour Société Générale et BNP Paribas.

La situation est différente pour Deutsche Bank, dont la capitalisation boursière est inférieure à 17 milliards d'euros.

La banque allemande a rejeté les conclusions de l'étude de ZEW.

"Il y a un test de résistance officiel de l'ABE qui a vérifié la situation de fonds propres dans des conditions très difficiles et défavorables et il a prouvé qu'il n'y avait pas de besoin aigu de capitaux chez Deutsche Bank", a-t-elle réagi dans un communiqué.

L'ABE a publié fin juillet les résultats de ses derniers tests de résistance sur 51 banques européennes. Ces tests ne comportaient pas de seuils d'échec ou de réussite mais l'ABE en a tout de même conclu que des efforts restaient à faire au sein du secteur bancaire européen.   Suite...